Rêve de femmes
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Eté 2009 - N°15

> Extrait | > Galerie | > Portrait

SOMMAIRE

p.3 Flouire et fleurir
p.4 Spitzberg
p.6 Eau de lune
p.9 La phase sorcière
p.12 Diapason des cycles féminins
p.14 Le cycle, le sang des lunes
p.16 Femme menstruée, Femme prêtresse, Femme calice
p.16 Lydie
p.17 L’élixir du féminin
p. 19 Prêtresses d’aujourd’hui
p.22 Prêtresse par nature, Calice de feu et de sang
p.23 Shamanka
p.24 Annonces
p.26 Abonnement
p.27 Le rêve d’une femme
p.28 Portrait d’artiste : Katia San Millan

 
 

 

EXTRAIT

L’élixir du Féminin
De La Déesse à la vierge

Pour redécouvrir l’essence de la féminité, je me suis plongée dans les différentes figures des Déesses au travers du monde. Magnifique tableau qui ouvre les perspectives de qui nous pouvons être. Mais souvent la Déesse est rouge. Rouge de sang, rouge de vie. Il pulse en elle au rythme de son cœur, gage que sa puissance est reliée à son amour. Quand nous nous connectons à Gaïa ne nous invite-t-on pas à voir du rouge surgir de la terre et nourrir nos racines ? Les premières peintures rupestres étaient d’ailleurs faites de sang ou d’ocre pour rappeler ce sang régénérateur, puissant et fertilisant.

Ce sang de la Déesse est un don aux humains. La tradition hindoue fait d’ailleurs référence à Devî ou Kali. Souvent représentées couchées, jambes écartées, un liquide divin yoni-tattva s’écoulant de leur sexe, recueilli comme un élixir amenant pouvoirs et sagesses, car le sang menstruel est chargé de toute l’énergie de la Déesse. Le boire c’était se l’approprier, faire siens ses potentiels et pouvoirs. Les jeunes femmes, prêtresses d’anciens cultes, se devaient souvent d’être vierges. Ainsi elles gardaient leur pureté et leur reliance intacte. Mais pour le coup, elles s’attiraient la convoitise des hommes avides de s’abreuver des qualités de cet élixir de la Déesse.

Dans le don de son sang aux femmes, la Déesse leurs permet ainsi d’être fécondes, d’être la vie. Il n‘est pas alors teinté d’impureté. Bien au contraire, il est alors le symbole vivant de la Déesse. Les femmes vivent alors en elles la Vie, ses cycles, ses mouvements. Les femmes peuvent être en lien direct à la vie et à tous les mystères.

Il devient alors magique et se retrouve dans l'alchimie (l'œuvre au rouge) et la magie rouge, il devient le fils d'initiation et de protection rouge dans de nombreuses traditions. La voie amérindienne s'appelle d'ailleurs la voie rouge... La voie du sang, la voie de la vie.

Ce n’est que plus tard qu’il est devenu impur, pour les sociétés qui ont tenté d’éradiquer la Déesse, ou pour celles qui fonctionnaient uniquement sous un mode patriarcal.

Une magie puissante

Les femmes des sociétés primordiales portaient alors une attention particulière à leurs cycles menstruels. Chez les amérindiens, aujourd’hui encore, une femme ne participe pas aux cérémonies, ne touche pas les objets rituelliques, non pas parce qu’elle est impure, mais parce que sa puissance est telle, qu’elle ôte tout pouvoir à ce qu’elle touche.

Elle doit alors se retirer pour ne pas perturber les autres. Et si la femme est la seule à avoir ces cycles, c’est qu’elle est à même de pouvoir gérer cette puissance sans sombrer dans l’avidité du pouvoir. Son sang peut alors être recueilli pour peindre, pour fertiliser, pour guérir, pour relier.

Dans certaines pratiques psycho-shamaniques, il est conseillé aux femmes de peindre ce qu’elles souhaitent avec leur sang menstruel, pour que la puissance de leur sang (porteur de vie) s’allie à celui de leurs intentions. J’ai souvent invité les femmes qui venaient me voir à suivre cette pratique. Leurs tableaux sont empreints d’une vie et d’une force qui dépassent le connu. Elles peuvent le mettre en terre, avec leurs intentions et y ajouter une plante vivace, afin de faire grandir leurs rêves en une réalité concrète.

Aujourd’hui encore, il est conseillé à une femme dite infertile, ou tout autre, d’utiliser ce sang porteur de la magie de la vie pour faire croitre ses projets, ses desseins, des intentions.

Les premières lunes

Il est un passage magique et essentiel dans la vie d’une femme. Les premières lunes étaient le signe annonciateur de changements pour une jeune fille. Dans nos sociétés occidentales, elles s’associaient aux premières règles qui lui étaient dictées (d’où le nom de règle, et non pas uniquement moyen de mesure de quand la femme est fertile). Sa liberté était alors restreinte pour assurer sa virginité lors du mariage...

Elli Mizikas

 

 

GALERIE

 

 

PORTRAIT DE FEMME

Seyhawa
J’ ai reçu des enseignements par mes ancêtres et des anciens un peu partout à travers les amériques.
Je suis la 14ème d’une famille de 15 enfants, native d’une petite ville au nord du Canada.
Psychosociologue, Coach de vie, Maître reiki, j’enseigne la philosophie amériendienne « indien d’amérique » à qui veut bien l ’entendre.
Il y a plusieurs centaines de lunes déjà les femmes, lors de la période du sang des lunes étaient mises à part dans un tipi ou autre endroit réservé pour elles.
Les hommes du villages venaient tout près de la femme et ne lui touchaient que la main ou le bras pour demander conseil car à cette période les femmes sont plus intuitives, plus émotives donc plus près de leur sacré. C’est pourquoi une femme dans sa semaine de lunes ne peut pas par exemple partager un rituel de tente de sudation à la « sweat lodge » car son esprit est plus fort pendant cette période de purification. Il y a aussi le côté sacré de cette semaine ; la femme, à cette période, devait prendre soin d’elle et se connecter avec les Esprits, étant donné qu’elle est purifiée, le contact avec l’ au-delà est plus facile, plus direct.
C’était aussi un temps pour prendre soin d’elle, pour célébrer sa féminité.
On lui apportait à manger et tout ce qu’ elle voulait.
Elle utilisait des feuilles d’arbre fraiches en guise de serviettes hygiéniques et les remettaient à la
terre en les enterrant. Vous me direz que ceci est du passé et qu’aujourd’hui la femme a évolué...
Oui, vous avez sûrement raison, mais... Vous êtes-vous déjà arretée pendant cette période pour
vous recentrer un peu sur vous ?
De nos jours, très peu célèbrent ce côte sacré. Cette période du mois est plutôt vue comme une semaine négative. Et pourtant si vous preniez le temps ne serait-ce qu’ une heure par jour pour vous connecter avec votre sacré, vous y verriez toutes une différence. Vous ne percevriez plus cette semaine comme inutile mais plutôt comme un hymne à la vie. Oui, ce sont de vieilles croyances qui encore aujourd’hui ont un sens pour certaines d’entre nous, quelle que soit notre nationalité, notre couleur, notre religion. Nous sommes femmes, nous donner le droit de célébrer cette semaine nous appartient.
Méditez, prenez soin de votre corps, prenez soin de votre esprit, soyez consciente de votre côté sacré. De nos jours, on ne peut pas tout arrêter pendant une semaine. Le rythme de la vie ne nous le permet pas, mais une heure ou deux par soir ou même une seule heure
pendant cette semaine, reliez-vous à la mère terre, reliez-vous à vous-même et gâtez-vous.
Voilà, je vous ai partagé les enseignements que j’ai reçus de plusieurs ainés.
Un océan de sagesse nous a été retransmis à travers les temps.
Je ne prétends pas détenir la vérité mais je suis prête à vous partager ma vérité.
 

 

 
 

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