Rve de femmes
Vous êtes ici : Accueil > Revues > No 46 - Abusée, violée, sensible et pleinement vivante
 
 
 
N°47 - Ados et Sexualité : des réponses à leurs questions
N°47 - Ados et Sexualité : des réponses à leurs questions
N°46 - Abusée, violée, sensible et pleinement vivante
N°46 - Abusée, violée, sensible et pleinement vivante
N°45 - S'abandonner, s'ouvrir, s'offrir, ça s'apprend
N°45 - S'abandonner, s'ouvrir, s'offrir, ça s'apprend PDF
N°44 - Cultiver la joie
N°44 - Cultiver la joie PDF
N°43 - Rites des Premières Lunes
N°43 - Rites des Premières Lunes PDF
N°42 - Une Sexualité Sacrée - Pour quoi ? Comment ?
N°42 - Une Sexualité Sacrée - Pour quoi ? Comment ? PDF
N°41 - L'alimentation vivante peut-elle restaurer la santé des femmes ?
N°41 - L'alimentation vivante peut-elle restaurer la santé des femmes ? PDF
N°40 - L'appel de la Femme Sauvage
N°40 - L'appel de la Femme Sauvage PDF
N°39 - Se séparer sans se déchirer
N°39 - Se séparer sans se déchirer PDF
N°6 - Agenda lunaire 2016 - N°6 - PDF
N°38 - Une femme avec une femme
N°38 - Une femme avec une femme PDF
N°37 - Amour, tendresse, fluidité
N°37 - Amour, tendresse, fluidité PDF
N°36 - La fonction de l'orgasme
N°36 - La fonction de l'orgasme PDF
N°5 - Agenda lunaire 2015 - N°5
N°35 - Oser rêver grand et vivre ses Rêves pdf
N°34 - Sorcières, soeurcières, sourcières d'aujourd'hui PDF
N°33 - La Gynéco autrement PDF
N°32 - Les blessures sexuelles PDF
N°31 - Vivre en harmonie avec son cycle lunaire PDF
N°30 - Le Polyamour PDF
N°29 - Rites de purification PDF
  - Agenda lunaire 2013 - N°3
N°28 - La fidélité : à qui, à quoi ? PDF
N°27 - Tentes rouges, Cercles de Femmes PDF
N°26 - Clitoris et points A, B, C, D, E, F, G... - Parlons d'amour et de sexualité aux ados PDF
N°25 - L'argent, une valeur féminine - Décoder le calendrier Maya PDF
N°2 - Agenda lunaire 2012 - N°2
N°24 - Mystère et Puissance de la Matrice - Lorsque les Mères saturent PDF
N°23 - Femmes lunaires, femmes solaires - Secrets de beauté au naturel PDF
N°22 - L'Homme honore le Féminin - Histoires de Seins PDF
N°21 - Les Archétypes - Accouchement Orgasmique PDF
N°1 - Agenda Lunaire 2011
N°20 - Saisons de vie - L'enfant... école alternative PDF
N°20 - Saisons de vie - L'enfant... école alternative
N°19 - Réinventons le couple - Perceptions subtiles PDF
N°18 - Ménopause épanouie - Tao des émotions PDF
N°17 - Contraception naturelle - Rivalité... Sororité PDF
N°17 - Contraception naturelle - Rivalité... Sororité
N°16 - L'IVG - L'Apparence reflète l'Intérieur PDF
N°15 - Le Sang des Lunes - Pretresses d'aujourd'hui PDF
N°14 - Contes Initiatiques - Sexualité Yin PDF
N°14 - Contes Initiatiques - Sexualité Yin
N°13 - Femmes en réalisation - Prière... action PDF
N°12 - Gratitude - Danse, Grand-Mère
N°11 - Du corps à l'esprit - Femmes de Pouvoir PDF
N°10 - Femme créative - Porter la Vie
N°9 - Semences pr l'à-venir / Mère Terre
N°8 - L'Esprit des Plantes - S'ouvrir à la Mort
N°7 - Le Don d'Amour - Sexualité Sacrée PDF
N°6 - Gai-rire de soi - Apprentie de la Vie PDF
N°5 - La Voix du Silence - Notre lieu de Pouvoir PDF
N°4 - Appel des Femmes... conscience planétaire PDF
N°3 - Responsabilité/Liberté - ...les Ados PDF
N°2 - Sororité/Coopération-Ménopause... Sagesse PDF
N°1 - Cycles du corps-Cycle Lunaire Féminin PDF
 
 
 
Affichage mosaïque
 
 

Si vous souhaitez créer un lien vers notre site, insérez notre bannière en copiant le code suivant :

<a href="http://www.revedefemmes.net" target="_blank"><img src="http://www.revedefemmes.net/banniere.jpg" alt="Rêve de Femmes" border="0" /></a>

 

Abusée, violée, sensible et pleinement vivante - N46

> Extrait | > Galerie | > Portrait

SOMMAIRE

02 Livre-toi
03 Édito / Karine Nivon
04 Sommaire

06 CARPE DIEM
07 L'air du temps / Frédérique Larcher
08 Astro mondiale / Daniel Testard
10 Énergie de saison / Marie Pénélope Pérès

11 CORPS ACCORD
12 L'ayurvéda au féminin / Nathalie Geetha Babouraj
14 Essences féminines / Anne-Julie Yonnet

15 PARFUMER L'ESPRIT
16 Le coeur se livre / Sylvie de Berg
17 Rituel de pacification intérieure / Marie-Laure Dellea-Loisance
18 Éditions Rêve de Femmes
20 Célébrons la femme debout / Christine Marsan
21 Le sens de la Vie / François de Landorre

22 TISSONS NOS LIENS
23 Couples en chemin / Françoise Berry
24 Matern'elles / Clémence Laloue
25 Vue d'ado / Lilou
26 La vie s'invite / Marie Bareaud

28 DOSSIER : Abusée, violée, sensible et pleinement vivante
29 Femme blessée / Emeline Decaesteker
30 J'ai découvert le ciel bleu dans l'hiver /
Anna Debingen
32 Retrouver sa voix/e / Marie-Laure L.
34 Du chantage au viol / Claire
36 Sois un homme ! / Alexandre Charpentier
38 Une vie en raccourci / Awe
40 Mue / Patricia Pluvinet
41 Abusée mais désirante, Révoltée puis libérée / Marie Forêt
42 De l'enfant écorchée à la naissance d'une femme / Sania
44 Abus et... / Géraldine P.P.
46 Une vie massacrée / Anne Douchet Morin
48 Un temps pour soi / Coralie Descheemaeker

49 POUR L'AMOUR DE L'ART
50 Portfolio : Vincent Tournebize

55 PARTAGE : Honorer la Déesse
56 Quand j'honore la déesse une grande clarté m'envahit, le bonheur, c'est de la partager. / Paule Salomon
58 La femme sage / Paule Salomon
60 Prêtresse du Rêve / Sandra Frison
61 Entre la Déesse et moi... / Hélène Charbonnier Teljesseg
62 Je suis femme / Naendil
64 Ôde aux filles de la Lumière Dorée / Aurane Kree

67 GARDIENNES DE LA TERRE
68 Un abus répété et toléré / Legend Keeper Géraldine
70 Femmes de boue / Nydia Solis Tzaquital

73 NOURRITURES TERRESTRES
74 La cuisine ayurvédique / Vibusha

76 Bulletin de commande
78 L'Agenda des Femmes
79 Pubs
84 Le Rêve d'une femme / Sophia Style



 
 

 

EXTRAIT

DOSSIER : Abusée, violée, sensible et pleinement vivante (4 textes : Eva Wissenz - Gwendoline - Hélaine Charbonnier Teljesseg - Isabelle PETITDEMANGE)

Texte 1 de Eva Wissenz

AU JARDIN DE L’INNOCENCE

Je suis là et je suis l’Amour.

Toute entière dans mon corps de fillette, parfaite, dénouée, vibrante de vie, de cette énergie inépuisable partagée par tous les enfants, en-dessous des caractéristiques, des personnalités, du personnage.
Je suis là, je suis l’Amour et je me sais vivante.
Un jour, ma mère adorée pose sur moi un regard que je n’oublierai jamais : l’évaluation des charmes de sa fille, sa sexuabilité, avec tout de suite derrière l’arsenal de « conseils » concernant mon apparence. J’absorbe le choc de cette mutation. Pas celle de mon corps, elle me va bien, je m’y sens bien, mais le changement de regard sur « moi » : apprendre à « plaire ». Elle ne me « voit » plus et ne me verra plus avant très longtemps.

Mon père me regarde avec des yeux bizarres, pénétrants, qui me souillent sans que je sache pourquoi. Le jour où je mets mon premier jean, il me traite de pute en pleine rue. En plein Paris, dans les années quatre-vingts. J’entrevois l’emprise et la prédation, ce qu’un homme peut faire à une femme. C’est un éclair de conscience qui restera gravé en moi à vie. Sale pute.
Je suis là, je suis l’Amour et je me sais si vivante, si belle, si vraie.
Mais je commence à disparaître. Dire le vrai est comme une soif. Je sens que les mots viennent d’un endroit fou et inatteignable en nous, et sont puissamment créateurs. Je regarde depuis un endroit où les gens vont peu et je vois juste. Je sais aussi que je tiens beaucoup à cela.

Un jour, je suis accusée de vol par mon père, qui est encore malgré tout « l’homme que j’aime le plus au monde ». Il organise un tribunal avec sa compagne, pour « m’apprendre » la justice. Je suis donc jugée, et trahie.
Je suis encore là, je commence à vaciller.
Toute entière dans cette innocence, avec ce regard légèrement distant, à fleur de peau.
Je sens fort fort en moi ce désir sexuel qui me travaille et dont je ne sais que faire.
Je vois autour de moi les jeunes gens et je reçois les confidences, les espoirs, attentes, cœurs brisés, retours, trahisons… Je ne comprends rien.
Dans mon ventre, ce désir ne va pas vers un garçon ou une fille. Il va vers danser, courir, marcher, célébrer. J’ai envie qu’on s’intéresse à moi parce que je suis vive et intense, belle peut-être mais ça m’est égal et ceci m’isole.
Mais je vois que chez tout le monde autour – les jeunes amoureux, mes parents divorcés, mon père réparateur de femmes seules et parasite ambulant, ma mère déesse dans ses aventures banales, les grands-parents d’un autre siècle, les parents de mes copines, tous divorcés – la sexualité semble obligatoire et que l’amour crée comme un lien triste.
C’est un mélange de grande conscience de « ma différence » et d’un besoin d’expérimenter ce que tout le monde expérimente, cette énergie particulière.

Je ne suis ni plus ni moins jolie qu’une autre.
À 15 ans, je pars en vacances avec des copains et leurs sœurs. Juste avant le départ ma mère m’équipe d’une tablette de pilules et d’un ensemble sexy.
À 16 ans, aucun garçon ne m’a encore embrassée. Je commence à ressentir une tension, une envie de savoir.
Est-ce qu’il y a des gens heureux autour de moi ?
Des gens qui marchent à un mètre du sol ? Je ne les vois pas.
Mais ce qui nous fait marcher à un mètre du sol, je sais ce que c’est, cette Joie, je la connais.
Un jour, je la perds.
Un été, je demande à participer à un stage d’écriture, en Belgique. Je viens de lire et voir Les liaisons dangereuses et j’ai pris le texte de plein fouet, très impressionnée par Mme de Merteuil, une femme forte, au destin lamentable certes mais forte dans ce tourbillon sexuel et vide. Sa force glaçante m’inspire, elle me donne une espèce d’allure de reine face aux hommes qui m’abordent, et ils commencent à le faire sans que je comprenne pourquoi.
Un été donc. La soirée est douce et se passe au pub après les cours du jour. Le professeur évalue deux d’entre nous. Je sais ce qu’il se passe : il soupèse les corps et hésite, elle ou moi. Je crois qu’il y a un jeu avec ses camarades, où une pièce est lancée à pile ou face avec de grands rires. Il marche vers moi et me sourit. Le gel s’avance et me sourit.
Il y a un peu d’alcool, un retour sous de grandes allées arborées, une invitation à approfondir un des aspects du cours, dans sa chambre où il me pousse sur son lit et se jette sur moi. Sa langue chargée de bière entre dans ma bouche. Ses mains pressent mes seins à me faire mal. Il dénoue son ceinturon et m’entrave les cuisses, j’ai mal, j’ai tellement mal, rien que d’y penser cette douleur est là 28 ans plus tard. J’entends mon père : sale pute. Il me le dit : sale pute. Me pénètre avec force et je sens le liquide sortir de moi, agréable, alors c’est ça une pute ? Alors c’est ça « faire l'amour » ? Le lendemain, j’ai mal au ventre. Je ne dis rien. J’ai envie d’appeler mes parents au secours. Je les appelle et je leur dis : « Formidable, j’ai fait l’amour !!! »
Je voulais dire : par rapport à tout ce que vous m’avez fait passer, ça y est, je suis sur le marché, c’est bon, ne vous inquiétez pas.
Je voulais dire : au secours, au secours, au secours.

17 ans de silence et d’oubli suivent.
Je fais une analyse. J’aborde très prudemment le sujet du désir de mon père et j’obtiens pour toute réponse de cette star de la psychanalyse : Œdipe et « mon » attachement sexualisé à la figure paternelle. J’ai envie de vomir car je sais de toute ma sagesse intérieure que les enfants ne désirent pas leurs parents, que c’est un immense mensonge sorti d’un esprit malade et ne concernant que quelques êtres en déséquilibre. Les enfants sont habités par un désir de vie qui appelle la vie, et dans un contexte sain, un enfant développe des attachements sains. Cette thérapeute ne sait rien du Tout-Autre amour que je tente d’évoquer, elle tente de le rabaisser à de la « sublimation » parce qu’elle a peur, parce qu’elle a oublié que c’est ce qu’elle est, elle aussi.
17 ans de silence et d’oubli, au bout desquels, au cours d’une séance EMDR où je tentais de pister encore une fois l’origine du malaise qui me tient depuis des années alors que je suis par ailleurs si joyeuse et vivante, un endroit de ma mémoire physique s’ouvre en grand sur ce mot : v-i-o-l.

Un premier niveau est touché. La praticienne m’explique la réaction mécanique d’excitation de mon corps innocent, ce qui soulage quelque chose. Toutefois, je n’ai pas vu qu’il fallait approfondir.
Tout en faisant comme si de rien n’était, comme si c’était « pas si grave », j’ai été très amoureuse, souvent, mais toujours avec une grande zone de retrait intérieur, jamais vraiment touchée autrement que dans des manques, des pleins, des surfaces, des attentes, un peu sans cœur si je puis dire, comme si mon amour intérieur n’était pas de ce monde.
Depuis cet été, j’ai passé 28 ans à répondre à leur désir sans jamais vivre celui que j’ai tant désiré vivre, celui si connecté à ce Tout-Autre que je sais si vibrant, celui qui n’est en rien lié à un désir qui veut « plus » mais à un désir qui te met en mouvement, un désir où ta chair est tranquille, la caresse lente et profonde, un désir débarrassé de toute attente, clair de se savoir reconnu, un lieu de détente vraie et de création subtile, un hors temps qui ne peut être que le déploiement d’autre chose.
En moi l’innocence était devenue dureté, grands et sévères jugements sur le vrai, performances et rigidité d’engagement à différents niveaux.
À 35 ans, sans homme depuis quelque temps, où je compris que j’avais terminé la comédie, que je n’étais pas faite « pour » les hommes, pas comme ça, plus comme ça et au moment de me retirer du jeu comme je l’avais décidé, un homme s’est présenté. Très beau, très jeune avec une lumière que j’ai associée à une pureté. Nous nous sommes mariés. Avec lui, je suis devenue mère. Et pourtant, l’innocence n’était pas au rendez-vous, la pureté non plus, elles s’enracinent toutes deux dans une relation d’amour avec la vie, elles n’ont rien à voir avec l’âge et tout à voir avec le Cœur, cet endroit en nous vibrant d’intense création et d’où viennent les mots, les gestes, les projets.

J’ai dû repasser tous les lieux communs du sexe, cherchant cette étincelle des corps, en vain, jusqu’au cynisme, jusqu’à la maladie, tentant de le défaire de ce désir si fort qu’il a de moi et qui m’use, jusqu’à la disparition de mon propre désir.
Durant ces années, en moi les lambeaux d’innocence ont flotté comme les bouts d’un radeau défait auxquels je me suis accrochée pour me construire une vie professionnelle qui a du sens. Mes entrailles ne chantaient leur paisible et dense chanson de vérité que quand j’étais au jardin, ou enceinte.

Enceinte pour la première fois, je me suis surprise à prier Dieu « je T’en supplie des fils, qu’ils ne vivent jamais ça », c’était ma première pensée… J’ai su par inadvertance le sexe de mon enfant : une fille. J’ai tant pleuré, mais au bout de ces larmes une douceur est venue, un non si fort venu de moi, un non qui allait lever tout cela et dire à cette enfant innocente elle aussi ce qu’on ne m’avait pas dit, pas expliqué, et lui montrer que bien d’autres façons d’aimer et de s’unir sont possibles que celles dites par ces foules manipulées-conditionnées-obnubilées par les apparences et la copulation.
J’ai adoré mes grossesses et les naissances de mes filles. Je me sens sacrée d’avoir porté ces êtres, ces femmes en devenir, j’ai su une fois pour toutes la nature de la source de toute création et la Vie est revenue dans ma vie. La question du pardon ne me traverse plus, celle des combats, des responsabilités, des choix et des fautes non plus.
Aujourd’hui, l’amour nouveau, ce Tout-Autre, est revenu me chercher et m’appelle avec une grande force. Les premiers pas hésitants de cette même danse que celle que je sentais jadis et qui me revient chaque jour un peu plus, cette connexion puissante avec le visible et l’invisible, avec quelques êtres en particulier et tous en général. C’est encore fragile, c’est hésitant, c’est débutant, mais c’est là. C’est la première fois que je raconte cette histoire comme ça, et ça me met en larmes car il n’y a plus que l’Amour. Dans cette lumière, je me sens toute entière pure et intacte, à l’essentiel, enfin.

Eva Wissenz
www.seepia.net

********************************************************************************************************************************************************

Texte 2 de Gwendoline

La femme papillon

C’est l’histoire d’une chenille qui était noyée dans les ténèbres. Elle se croyait être larve comme tous ceux qui l’ont tuée, jusqu’au jour où elle a retrouvé son amour-propre, libéré ses chaînes émotionnelles pour créer son cocon où elle chemine vers sa transformation intérieure et déploie ses ailes de papillon.

Petite fille, j’ai été victime d’inceste, de violences sexuelle, psychologique, physique, et de prostitution. Les conséquences sur ma vie ont été désastreuses. J’acceptais d’être traitée comme un simple objet sexuel, d’être sans cesse rejetée, maltraitée, de n’avoir aucune considération, que l’on m’utilise pour obtenir un résultat. Mais cette petite voix hurlait en moi de colère et de rage face à l’injustice. Toute cette violence… je me disais que c’est comme ça, que je me faisais peut-être des idées, que je ne faisais pas assez d’efforts pour l’autre, etc.
Je croyais que tout cela était de l’amour, en fin de compte, l’amour, le vrai, il m’a terrifiée ! J’ai fui car il m’a rappelé inconsciemment toutes ces horreurs lorsque j’étais petite, ce que je pensais être de l’amour, et que je considérais normal. J’ai mis du temps à tout comprendre, avec le mécanisme de la mémoire traumatique. J’étais une pâte à modeler à qui on a donné la forme qu’on souhaitait. Je reprends ma forme originelle, c’est dur et difficile, il me faut me confronter à mes blessures, les regarder en face et m’aimer en comprenant que je me dois d’être douce avec moi-même. M’offrir ce dont j’ai besoin, comme la compassion. Puis j’ai pu voir qu’au fond de moi – quoi qu’il se soit passé, à quel point j’ai pu être détruire, morte – il y a une lumière qui brille. Elle est la pureté de la vie que je porte en moi, mon âme pure. Alors cette graine, celle de ma vie, je l’ai plantée dans mon corps de femme, je l’ai arrosée de mon amour et j’ai rayonné ma lumière comme un soleil. Oh oui, s’aimer, c’est tellement important de se retrouver, de se chérir, de s’unir à soi, à son corps, à son âme, à la moindre parcelle de son être jusque dans ses cellules ! Et vous, est-ce que vous vous aimez ? Comment vous considérez-vous ? Quel rôle inutile avez-vous endossé pour plaire ? J’ai repris place dans mon être physique, je me suis accompagnée avec toutes les techniques, pour exprimer, libérer les tensions, les monstres en moi, apprendre à réapprivoiser ce corps, prendre confiance en moi, pour reprendre confiance en ceux qui m’entourent, me libérer des conditionnements acquis dans mon mental, pour arriver à me mettre en mouvement et renaître.

J’ai débuté en écrivant énormément, ce dont je me souvenais, ce que je comprenais ; parfois face à des blocages, comme par intuition, mon corps écrivait la raison. Le blocage disparaissait en même temps qu’il m’offrait une meilleure compréhension, pallier par pallier. Dans la même intention, je dessinais la représentation mentale de mon blocage, un peu comme une carte qui vous dit « vous êtes ici ».

Il y a eu également la danse pour me reconnecter à mon corps, exprimer corporellement mon état psycho-émotionnel. C’est extrêmement puissant, libérateur. Elle est aussi un outil pour développer la plasticité neuronale, c’est-à-dire faciliter la création de connexions qui ont permis à de nouveaux modes de pensée de s’installer plus facilement et durablement en moi, car ma pensée crée le monde dans lequel je vis.

J’ai utilisé le chant pour briser mon silence, libérer les sons de mon être, mais aussi pour me faire plaisir, oser chanter, crier, jouir, rire, parler, pleurer. Laissons sortir tous ces sons, au lieu de nous en tenir au silence et de nous réprimer. C’est aussi cet endroit où je place ma conscience, avec l’ancrage, qui m’offre la possibilité d’augmenter ma confiance en moi.
Puis à un moment, en burn out, j’ai lâché prise. Je n’en pouvais plus, j’étais constamment dans cette optique du danger imminent, dans ce stress « survivaliste », je l’entretenais encore et encore. Je n’arrivais pas à m’en détacher, j’étais dans une spirale infernale. J’étais à bout, alors j’ai lâché et je me suis sentie plus posée. J’étais dans ce contrôle presque obsessionnel. J’ai lâché des choses inutiles. Je suis parvenue à me sentir plus à l’aise, plus sereine. Le calvaire est fini, il est derrière moi, le passé est le passé, il n’est pas le présent. Quoi qu’il se soit déroulé, il ne sert à rien de continuer à entretenir ce rôle de victime, c’est l’art de dédramatiser et de relativiser les choses.

Quand je me suis sentie prête, j’ai renoué avec mon sublime sexe de femme, à travers des méditations tantriques, le tao de la femme lune, et l’utilisation d’un œuf de yoni en quartz rose. J’étais d’abord en totale neutralité face à mon sexe, pour petit à petit me reconnecter à lui, en allant vers plus de sexualité, la mienne. J’ai réussi à retrouver une sensibilité et j’ai ainsi libéré des mémoires bloquées, cultivé l’amour que je me porte, jusqu’à finalement reprendre complètement conscience de ce doux lieu dans mon corps, l’habiter de tout mon être, oser voir ma blessure sans avoir peur d’elle, m’aimer encore un peu plus fort et m’insuffler la vie comme dans un orgasme où tout mon corps suit la même vague que mon vagin.
Enfin une technique m’a été d’une immense aide, c’est la communication connectée, elle est à la base un outil de communication dédié aux bébés, mais on peut l’utiliser pour soi-même. Dites-vous bien que vous êtes votre meilleur guide. Le grand avantage, c’est qu’elle permet d’aller nommer l’émotion, comprendre l’origine, et cela apaise l’amygdale, et permet de réduire le stress, car on donne du sens là où il n’y en avait pas. J’ai utilisé en plus la libération émotionnelle et le travail par visualisation.

Pour finir, par l’amour que je me donne, j’acquiers la résilience en transmutant ces ténèbres en énergie de vie lumineuse : être créatrice de mon destin et de mon bien-être.

Gwendoline
Gwendolineaucoeurdelemotion@gmail.com

**********************************************************************************************************************************************************************

Texte 3 de Hélaine Charbonnier Teljesseg

LA FEMME MIROIR : DEUX REGARDS PORTÉS SUR LA VIOLENCE QUI M’EST FAITE

À la fois œuvre et tranche de vie…

La Femme Miroir est en même temps une résurgence du passé et une œuvre de réconciliation. Créée au sein d’un collectif baptisé Nunca Más dans une galerie girondine pour une exposition portant le même nom, elle a été également présentée à l’IRTS (Institut régional du Travail social) de Bordeaux lors de la journée consacrée à la violence faite aux femmes en 2012 à l’occasion de laquelle je suis intervenue pour m’adresser à quelque quatre cents futurs travailleurs sociaux. C’est peu dire que ce fut là pour moi un jour à haute portée magique. C’est peu dire que j’ai senti la Vie en cette occasion pour de bon m’habiter.

De la Femme Miroir, j’ai été à la fois l’auteur et le sujet, aussi suis-je bien placée pour évoquer sa matière première d’origine. Cependant, il va me falloir au préalable vous la décrire un peu… Imaginez donc un buste de femme, comme stupéfié, privé de bras en une torsion qui évoque à la fois la détresse et la mésestime de soi. Ce buste tout comme le visage partiellement abîmé de la femme est blanc pour moitié, le reste n’étant que coulures de bronze qui dégoulinent jusque sur le gros cube de bois de même couleur où le buste est fiché. À sa droite, un cube identique quoique plus petit, avec une main couleur bronze qui semble en émerger. Dans sa main, un texte dont je vais tenter de vous livrer en quelques mots la teneur.

« Nunca más. Plus jamais. Never again… Que de beauté en ces mots et comme il eût été opportun de les voir imprimés sur le petit tapis devant la porte d’entrée en place de celui de Bienvenue dont l’ironie m’est revenue en mémoire bien après m’être enfuie. Allez savoir pourquoi, avec lui aussi, il fallait que je paye : pour sa femme, les femmes en général, sa mère. Que je paye, oui. Mais sûrement eût-il été trop simple qu’il se contente de me violer normalement comme n’importe quel violeur est habilité à le faire. Non, il fallait que je fasse semblant. Semblant de le désirer. Semblant d’être consentante. Et comme j’échouais à me montrer convaincante, les gifles pleuvaient, cinglantes, achevant de ruiner cette prestation déjà si mal engagée… »

Tel est le cri muet de la femme. Telle est sa plainte qui fut aussi la mienne. Et telle est son invocation. Mais ce que je ne vous ai pas dit, c’est que ce buste – à l’origine un mannequin ancien – m’avait suivie durant plus de vingt-cinq années avant que de se voir offrir ce nouveau vêtement, cette seconde vie. Vingt-cinq années durant lesquelles nous nous étions mutuellement identifiées l’une à l’autre. Moi à sa posture douloureuse. Elle, aux agressions dont j’étais coutumière. Car je l’avais totalement investie de tout ce que je « croyais » avoir subi. Ainsi donc, comme vous l’aurez compris, ce matériau d’origine dont elle était faite était avant toute chose la peur, tant il est vrai que c’est celui le plus couramment utilisé pour conclure ou renouveler l’accord qui lie le – ou la – violenté(e) à l’agresseur. Cependant, je ne pouvais pas m’empêcher de la trouver belle. J’étais littéralement attachée à cette image de victime dont elle était à sa manière la figure de proue.

Mais l’œuvre n’aurait pas été complète sans ce qui suit. À sa gauche en effet, se tient un cube blanc, d’une taille intermédiaire, avec au-dessus une trappe grillagée d’aspect précieux. Aucune indication. Aucune invitation formelle à l’ouvrir, aussi chacun peut-il faire comme « il veut ». L’intérieur, tendu de velours noir, a tout d’un écrin et un autre texte y a été déposé. Mais pour être décrypté, celui-là va devoir être présenté devant le petit miroir que j’ai placé sur la poitrine de la femme. Car telle est la Femme Miroir, qui, abusée et violentée, ne possède pas moins en elle une double compréhension des choses. En son cœur, elle sait qu’elle n’est pas une victime mais une Déesse et qu’elle a créé tout cela. Elle connaît son pouvoir. Elle le pressent. Le devine. Elle connaît de façon cryptée sa richesse et son inviolabilité.

Dans cet amphithéâtre de l’IRTS, j’ai tout revécu en accéléré et l’espace de quelques minutes, je me suis retrouvée aussi stupéfiée que La Femme Miroir – qui sait, mais qui cependant n’a pas accès à ce vivant savoir. Et puis la Vie a de nouveau circulé en moi et j’ai reconnu la merveille qu’il m’était donné d’expérimenter. Quelle formidable résilience de pouvoir ainsi revisiter mon passé depuis cet accès facilité. Et j’ai alors osé dire à ces étudiants avant de les quitter cette chose-là : « Dans la langue des oiseaux, ce langage du son affranchi des règles de la grammaire et de l’orthographe grâce à quoi nous pouvons capter la puissance symbolique des mots, on dit : l’enfer-me-ment. Or, c’est bien là ce dont faisait l’expérience La Femme Miroir. Pour elle, dans le meilleur des cas, l’autre ne savait pas. Il ne pouvait pas savoir. Il n’était pas enfermé. Et dans le pire, elle ne l’entendait pas. Ainsi, ai-je forcément dû croiser plus d’une personne désireuse de venir à mon secours et pourtant il n’en est qu’une dont j’ai gardé le souvenir et qui a semé en moi un germe que je n’ai pas rejeté. Une seule m’a fait le cadeau précieux de reconnaître en moi simultanément le plomb et l’or. Car vouloir contraindre une personne à découvrir ses qualités ou la solution à ses problèmes, quand elle est totalement dévouée à la réalité qui l’empoisonne, c’est comme lui demander de renoncer à sa seule richesse : le « plomb » en elle alors ne peut que se sentir menacé. À l’opposé, si elle n’est reconnue que dans sa plainte, ce sera la partie “or” même si elle n’a pas été identifiée qui se mettra à réclamer. »

Aujourd’hui, je sais que le plomb n’est rien d’autre que de l’or en devenir. Aujourd’hui, je sais que l’on peut tout transformer. Que maltraitée, abusée, violentée, une femme n’en sera pas moins toujours une merveilleuse et digne représentante de la Vie. Aujourd’hui, j’aime à me faire le témoin de ce miracle que nous sommes.


Hélaine Charbonnier Teljesseg
Helaine.charbonnier.teljesseg@gmail.com
Helaine-faiseuse-de-fees.com
https://www.facebook.com/lepetitlexiquedesnouveauxparadigmes/

*****************************************************************************************************************************************************************

Texte 4 de Isabelle PETITDEMANGE

Ouvrir son cœur, exprimer les maux, choisir la vie

Il est des chemins que la vie nous offre parfois et où des choix s’imposent : devenir responsable, s’épanouir dans la simplicité et la fluidité, ou entretenir l’enfant victime que nous avons été.

J’étais « colérique ». La colère, seule émotion que j’exprimais, cachait toutes les autres. Elle me donnait la force de vivre et d’avancer. J’étais, malgré cela, une enfant sans soucis, souriante et sociable. Je réussissais en classe. J’ai fait de « grandes études ». À 26 ans, je me suis mariée. Peu après, est arrivé notre premier bébé, un garçon. Tout semblait me réussir, malgré ces excès de colère.

Lorsque j’attendais notre deuxième enfant, j’ai traversé une phase très brutale de ma vie.
Je ne me voyais qu’avec des garçons et je sentais que bébé n’en était pas un. L’échographie confirma qu’il était une fille. Panique. Quoi faire ? Comment accueillir ce féminin dans ma vie ?

Lise-Anne est née. Un accouchement physiologique mais l’expulsion a généré une énorme déchirure, autant au niveau de mon sexe que dans mon cœur. Lise-Anne refluait, était hypertonique... un bébé très vif, qui dormait mal. Dans notre couple, ce fut l’horreur. Notre relation s’est remplie de violence. Je hurlais, je tapais, je cassais. Je me perdais et ne trouvais pas d’issue.

C’est dix-huit mois plus tard, que, totalement à bout, je lâchais : « Je ne comprends pas d’où me vient cette violence. Ce n’est pas comme si j’avais été abusée petite. »
Un élan de vie m’a poussée à poser ces mots. Par amour, pour la vie, pour mes enfants, pour mon couple... J’ai posé ce secret de famille enfoui trente ans plus tôt. Mes colères trouvaient enfin une explication.

Neuf mois après, j’enterrais ma grand-mère paternelle et, avec elle, je tâchais également d’enterrer cette histoire sordide. Par deux fois, j’ai cru mourir. D’un arrêt cardiaque, d’abord, lors de l’enterrement : j’étais assise juste derrière mon oncle et retrouvais la famille que je fuyais depuis treize ans. D’un accident de voiture, ensuite, trois semaines plus tard. Je me souviens avoir dirigé la voiture vers la barrière de sécurité et avoir fait un choix : vivre.
Et tout s’est enchaîné.

Après avoir pleuré, hurlé ma douleur et mon envie de mourir pour ne plus avoir mal, j’ai enclenché mon premier projet : trouver une nouvelle maison, dans laquelle je me sentirais bien, chez moi, en sécurité. Trois mois de labeur ont suivi dans un plaisir réel pour vendre notre maison. Je reconstruisais avec amour, douceur et passion, avec intensité, foi, et rage de vivre aussi.
Durant ces trois mois, il y a eu de belles échappées partagées. Je recommençais à ouvrir mon cœur à avoir et à être en-vie.
J’enclenchai le deuxième projet : vendre ma maison maternelle d’enfance. Un grand saut...
Et puis, mon troisième projet : retrouver une sexualité sereine et fluide. J’utilisai pour cela de nombreux outils dont le soin rebozo.
Le lendemain de ce soin, ma deuxième fille s’est nichée dans mon utérus. Sa découverte a été un électrochoc. D’abord un flot de larmes. Nous avions posé que « deux, ça suffit ». Je ne pensais pas Antoine prêt à accueillir ce nouvel être. J’étais terrifiée, prostrée, déchirée. Après 48 h de réflexion, j’ai posé MON choix. Pas question d’enlever cette vie qui grandissait en moi. Une amie a alors évoqué « ce jardin intérieur, qui malgré ses blessures, est fertile et prêt à donner de beaux fruits ». C’était tellement plein de sens ! J’ai réalisé que ce bébé était inespéré mais désiré. Malgré les craintes et les croyances familiales à l’encontre desquelles il allait, c’était un cadeau, et en même temps un challenge de la vie.

Flora a grandi dans mon ventre, avec sérénité et confiance, dans une énergie d’intensité. Durant cette grossesse, tout devenait possible. Nous mordions la vie, les plaisirs et les partages. Nous avons emménagé dans une magnifique maison à l’opposé de l'ancienne : grande, lumineuse, sans travaux, avec piscine et local professionnel. Le rêve...
J’ai également mûri et posé des projets professionnels qui me tenaient à cœur.

Flora a aussi ouvert en moi un autre lien au monde, et aux femmes en particulier. Jusqu’au terme de ma grossesse, j’ai eu peur de la perdre. C’était viscéral. J’ai « étrangement » côtoyé des femmes perdant des bébés in utero à différents stades de leur grossesse et, même si je sentais Flora présente et bien en vie, chaque fois la peur s’installait. Je lui parlais, avec douceur et confiance. Elle m’a ouvert les portes d’un ancrage que je ne connaissais pas. Je la visualisais tellement sereine et accrochée à la vie... Je savais que l’histoire de ces femmes n’était pas la mienne et en même temps, je partageais avec elles, remplie d’amour, ces épisodes douloureux de la vie d’une femme.

Flora m’a amenée à travailler sur mon histoire et celle de ma lignée. Elle m’a appris à sauter le pas, à y croire... jusqu’au bout. À plusieurs reprises, j’ai visualisé ma lignée de femmes, et j’ai accueilli ce qu’elle me transmettait, tout en choisissant une autre voie. Celle de l’amour et de la croyance que la fluidité est possible.
Flora est sortie de mon ventre comme par magie, en 1 h 20, avec une puissance que je ne soupçonnais pas. L’accouchement dont je rêvais...
Flora est née au carrefour de mon histoire. La poche des eaux s’est fissurée le 1er février, un an après l’enterrement de ma grand-mère. Elle a choisi de naître le 3 février, au moment de la vente de ma maison maternelle familiale, qui fermait une longue histoire de deuils...

Tout est possible, quand on fait le choix de vivre et d’ouvrir son cœur...

Isabelle PETITDEMANGE
desmainspourgrandir@gmail.com
desmainspourgrandir.fr


******************************************************************************************************************************************

PARTAGE : Honorer la Déesse - EXTRAITS DE TEXTES

Danse ma Déesse, danse.

Un grand chaos, une bataille contre ce dragon sombre et géant. Anéantie, j’ai eu peur. De la Vie, des autres, de moi. Puis, une petite étincelle est apparue et je suis partie, aventurière peu assurée, à ma découverte. Une quête. Je me suis fiée à Nietzsche : « Il faut avoir du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse ».
La quête de la Déesse. Elle est longtemps restée tapie en moi. Nous n’avions pas été présentées. Êtres surnaturels, Dieux et Déesses ne pouvaient qu’appartenir à la magie, au rêve. Ils expliquaient, jadis, l’inexplicable, le surnaturel, le divin de la Vie. Que viendrait faire une déesse dans ma vie ? Où se cache la Di-Vie-nité de ma vie ? Quelle est ma part de magie ? Femmes, des siècles de patriarcat ont renié et jeté aux oubliettes nos mystères, notre magie pourtant si naturelle. Je suis donc partie à la recherche de l’étincelle de magie pour éclairer mon chemin. Je l’ai retrouvée et acceptée. Ma Déesse est cette partie magique et divine de moi-même. Celle qui éclaire le sombre.

Comment ai-je rencontré ma Déesse ? J’ai plongé au plus profond de mon être pour faire émerger la Femme naissante. J’explore et côtoie les sombres recoins de mon âme. Plus je descends, plus je croise les étincelles qui éclairent ma route. Je tourne autour de l’amour de moi. Je frôle mon âme, ma vérité, mon essence. J’approche, prudente, à petits pas, la Déesse. Elle ouvre délicatement ses bras et me pose sur ma route vers le Féminin doux et mystérieux. Elle me murmure : « Aie confiance, éclaire-toi, et rayonne ta chaleur et ta lumière. » Elle me dévoile délicatement les trésors magnifiques et magiques que je porte en moi et que je peux transmettre. Je lui fais confiance et elle me pousse, brise légère dans le dos, pétillement dans mes cellules, vers la Femme créatrice Vie. Seule, je chemine vers mon rêve. Elle m’ouvre grand la porte lumineuse du champ des possibles. Elle ne met pas de limites à l’émerveillement que lui procure la vie. Elle me transforme : Une et Sacrée.

Ma Déesse m’inspire. Pour accompagner mes enfants sur leur chemin de Vie, les laissant libres de leurs envies, de leurs choix. Présente, toujours, j’ai intégré qu’ils s’appartiennent. Je suis alors partie à la recherche de la petite fille que j’étais et que je n’aimais plus. Celle qui a seulement « croisé » le premier homme de sa vie : son père. Je l’ai trouvée assombrie, oubliée, bardée d’étiquettes et de mauvais souvenirs. J’ai allumé un grand feu, et… elle s’est mise à danser, danser, éparpillant ça et là des étoiles scintillantes de joie et d’envies de vivre. Des souvenirs meilleurs ont émergé et j’ai retrouvé en elle les prémices de ce que je dévoile en moi aujourd’hui : ma sensible intuition, ma connexion émue avec la Nature, ma douceur, ma créativité, ma sensibilité profonde, mon amour, mon courage, ma force. Née de « parents-enfants », je porte en moi la joie de leur innocence. Mon chemin s’élance vers un plus grand niveau d’amour et de partage mais je ne m’oublie pas.
Ma Déesse amoureuse attend, avec présence et impatience légère, la rencontre juste. Je sais maintenant que l’idée que je me faisais de l’homme n’est pas juste. Il est sensible, effrayé parfois et perdu devant un féminin parfois in-juste. Tout comme je le suis devant un masculin in-juste. Je fais le choix, je chemine pour m’accepter telle que je suis et pour l’aimer tel qu’il sera. Je n’ai plus peur de lui, non, je sais vers qui je marche. J’ai confiance. Il est là.

Ma Déesse m’ancre dans ma vie. Vulnérable, fragile, je me pardonne mes erreurs. Je reconnais avoir besoin d’aide et de soutien. Je laisse se déployer ma générosité et une vraie solidarité. Je ne crains pas la créativité des autres femmes, parce que je sais où est ma place, et je peux œuvrer à les accompagner sur le chemin de l’épanouissement.
Ma Déesse, danseuse et créatrice. J’ai dansé et le temps dansant, j’ai senti naître une force en moi. La puissance de la danse a fait jaillir ce Féminin Sacré que je ne connaissais pas. La force de la danse a fait naître le divin de la Femme dansant vers sa complétude. Pour réellement Honorer ma Déesse, j’ai osé, j’ai fait le choix de transformer ma vie. Danser et faire retour vers mon rêve.
Je suis partie me former, me malaxer, pour « mettre en âme » des ateliers de mouvement dansé. Chaque femme devrait pouvoir dire « mon corps est mon temple, je l’écoute, le protège, le ressens, lui donne la douceur dont il a besoin ». Les mouvements du corps nous reconnectent à l’être profond que nous sommes. Les ondulations du bassin nous ouvrent à la sensualité, à l’amour et à l’attention pour notre ventre et ses mystères, centre d’énergie souvent malmené ou passé aux oubliettes. Le rythme et les mouvements primitifs des percussions nous ouvrent le monde magique de la joie et de la confiance en soi. La danse met en vie, ré-anime.

Le corps montre le chemin. Suivons-le. Je le suis. À travers ma danse, je recherche la joie de danser avec Moi, de danser ensemble. Ma danse accueille la douceur du Soi avec Soi et entre les Soi. Mon projet étoilé est de transmettre par le mouvement les valeurs lumineuses et douces du Féminin et le retour à l’Amour pour notre Terre. Mon souhait, magique, est de partager ces valeurs avec le plus grand nombre de femmes (et d’hommes cheminant vers leur Féminin), des femmes épanouies, meurtries, enfermées, libérées, étouffées, isolées. Parce que les valeurs du Féminin Sacré en partage changeront durablement le monde. La Voie est ouverte, les voix chantent et s’élèvent.

Carole Lauffenburger - c2lvm@hotmail.fr - www.facebook.com/NiaGrenoble2017

*********************************************************************************************************************************************

Le Feu du Dedans

L’antique rituel de Beltane ou la célébration de l’honorable Terre-Mère

Pendant des siècles et des siècles, nos ancêtres se sont livrés aux jeux de l’Amour, sans honte, à la face des dieux.


« … Voici Beltane, et cette nuit, les feux brillent dans la campagne en l’honneur de la Déesse. Pour la plupart, les habitants dormiront dans les champs et, au petit jour, plus d’une femme reviendra, portant en elle la semence du Dieu. »

Il est minuit en ce passage du 1er au 2 mai, très précisément 40 jours après l’équinoxe de printemps. Les hommes masqués de cornes de Cernunnos croiseront de plein gré la déesse de leur choix. Les enfants nés de cette union seront déifiés et promis à la fonction chamanique des grandes sociétés prémonothéistes.

Pour mémoire de mai, il ne reste aujourd’hui que le mois oublié de la très pudique Vierge Marie, oxymore d’une déesse chrétienne asexuée emmitouflée dans ses chastes oripeaux de sainteté. Le drame qui l’habille est imperceptiblement niché dans les plis de notre psyché. Présentement, cette accablante « mère de Dieu » se retrouve sous les draps de nos intimités. Passant par là, et jamais bien loin de là, les apôtres des bonnes manières ont brûlé les sorcières et semé des tas de tabous maintenant enracinés, tel du chiendent, dans les allées de nos respectables civilités. En réponse, nous ne saupoudrons souvent que de désherbants thérapeutiques, défoliants inaccessibles aux racines de la malédiction. La détresse reste sous terre et crevasse constamment l’élan du cœur, battant en sourdine dans un corps endormi d’un hivernal sommeil de léthargies sensuelles.

Sonnez mâtines
En cette enfance que fut la mienne, je me vois encore en fidèle choriste des cérémonies chrétiennes. En ces temps-là où, de village en village et de croix en croix, cheminant saintement, la procession allait tout en chantant bénir les semences dans les greniers des paysans . Vestiges vivants et évidents d’un rituel païen, la foi des chrétiens, encore récemment, perpétuait cette dévotion à notre première déesse : la « Terre-Mère ». Ceci et cela, au moment même où la saison froide se réchauffait au soleil radieux des abondances Taureau du fertile mois de mai.
C’est l’heure où la semence est à l’honneur, célébrant la dimension cosmique de l’Ouranos céleste couvrant notre Gaïa pleine de grâce. Silence éternel. Souvenances immortelles.
Soudain, sous la cendre, les ardents feux de Beltane retrouvent leurs origines. Le désir renaît de ces antiques croyances ravissant d’honneurs une déesse de toutes les couleurs. Il aura suffi seulement d’un coup de vent léger ouvrant la porte qui mène au cœur de l’authenticité.

Saveurs divines
Dans l’Himalaya, le rituel du Wesak, à la pleine lune de mai, célèbre le mariage du Soleil et de la Lune sous la bénédiction du Très-Haut Feu universel. Chez nous, l’« amour courtois » est le souvenir du culte de la déesse-reine, la vénération indo-européenne que le Moyen Âge a christianisée, a sublimée à sa manière. Entr’autres dames, la fée Morgane, prêtresse d’Avalon, sorte d’Artémis celte, telle la Marie-Madeleine évangélique, a été abandonnée en prostituée sacrée honorant ainsi la Vierge immaculée, porteuse de toutes les fécondités reliées à la féminité.
Ainsi, de la Terre à la mère, passant par l’amante, chacune de ces divinités se pare à sa manière d’une dimension mystique : ce Feu du dedans, ce pouvoir du vivant, cette spirale s’élevant au-dessus du trépied des autres éléments.
Pour que ces déesses soient honorées, encore faut-il qu’elles soient honorables. C’est-à-dire qu’elles sachent et puissent, sans caricature, respecter leur propre nature. Les trois archétypes bibliques que sont Lilith, Ève et Marie en proposent toutes les variations : l’amante, l’épouse et la mère. À l’une comme à l’autre de se manifester dans toutes les formes de son plein gré. Qu’elle soit la mère d’une collectivité, l’épouse d’une idée ou l’amante d’une passion.

Soirée câline
Brouillant le processus d’une identité commune reliant tous les attributs de la Déesse, notre histoire s’est mise en travers de cette naturelle et archaïque harmonie. Tout comme le célibat des prêtres, le concept de fidélité s’est culturellement installé afin de protéger, avant tout, les héritages, les propriétés et les possessions. Puis cette anormalité s’est progressivement structurée en vérité incontournable, accompagnée de tous les interdits punissables. L’histoire du couple, en relation conjugale, s’est identifiée à cette définition. Ce sera, depuis lors, la cause d’autant de souffrances que de jours heureux.

Ainsi donc, le voile ne se lèvera sur ces ombres-là que si notre attention s’adresse d’abord à la première déesse qu’est notre Terre elle-même. Ô, misère ! Puis notre mère par le miracle d’être né de sa tendresse. Aussi, ensuite, notre corps de toute beauté. Enfin, l’amant(e) que nous sommes envers toutes ces féminités, ces divinités qui sont les nôtres.

Par sainte Honorée, patronne des boulanger(ère)s, ô bonne pâte, grossesse enchantée, au clair de la lune ensemencée.
Béni sois-tu !

Daniel TESTARD

********************************************************************************************************

Un petit temple sacré

Au fil des souvenirs, je retrouve le lien avec la Déesse… ou comment l’honorer de par les cultures et les actions dans notre vie.

Mon sommeil me porte vers des mémoires connues… Un petit temple, rond, rouge et rose. La porte d’accès, l’écrin tangible de cette grotte, lieu de pèlerinage du féminin sacré depuis plus de 2000 ans… Où la déesse Durga est honorée tous les jours, au lever et au coucher du soleil, par des chants provenant d’une tradition ancienne, préservée et transmise de génération en génération. Mes souvenirs me portent vers une famille que j’ai aimée, qui est totalement dévouée au temple et à la déesse. Les hindous considèrent que, pour qu’une divinité reste dans un lieu sacré, il est utile de lui rendre hommage tous les jours. En cultivant l’énergie du lieu, les personnes qui s’y rendent la ressentent et peuvent rendre hommage à leur tour, ainsi que se recharger pour poursuivre leurs activités quotidiennes dans le monde des mortels.

La légende narre que la déesse se serait reposée dans cette grotte lors de la Grande Guerre contre les démons. Mais pour comprendre cette histoire, il faut remonter un peu plus en arrière. Il fut un temps où le principe féminin n’existait pas. Les Dieux combattaient une guerre qui n’en finissait plus contre les démons. Ils décident alors de s’unir et de donner vie au féminin. En hommage, chaque Dieu offre à la déesse une arme. Ses innombrables bras lui permettent de toutes les tenir, sans oublier les nombreux atouts révélant sa beauté : des bijoux et des ornements, ainsi qu’un coquillage dont le son porte des lieues à la ronde. La déesse Durga, forte de ses pouvoirs, part en bataille contre les démons, et arrive enfin à les vaincre. Kasaar Devi en porte la trace : on peut y sentir la force du féminin, la puissance tranquille et invincible. Le feu qui ne demande pas vengeance, mais l’acceptation totale. La connexion du plus profond de nos entrailles.

Mon corps me ramène au présent… je me réveille. Ces souvenirs lointains me laissent une sensation de nostalgie. Que de choses partagées dans ces lieux magiques. Que de gestes observés, appris, retrouvés. L’attention au rituel dans chaque moment de la journée. Le respect des éléments : fleurs, soleil, flamme, eau, qui sont respectés et utilisés au quotidien. L’accueil de la nature, rigoureuse et débordante, qui marque la planète et ses habitants, au rythme des saisons, ainsi que du mouvement des planètes… La simplicité d’une vie de prêtrise, cependant avec le poids énorme de toutes les règles imposées que cela implique en Inde…
Je me questionne, entrant encore plus profondément à l’intérieur de moi-même… Qu’est-ce que je porte au fond de moi ? Quel est le lien avec cette famille qui a tant marqué ma vie ? J’observe mes actions, mes activités, mon œuvre de tous les jours. Et mon cœur s’illumine de gratitude : j’honore la déesse également. Dans chaque femme et chaque homme que je croise et que j’accompagne, j’honore cette sacralité et essaie de poser les bases pour son expression. Notre corps humain est un temple. Toutes les barrières que nous réussirons à lever, physiquement, psychiquement et spirituellement permettront de laisser s’écouler la fluidité et la magnificence de la vie en nous.
Toute femme peut apprendre à honorer la déesse en elle, laisser s’exprimer les ombres et les lumières, qui se fondent en dehors de tout jugement. Lorsque l’utérus reprend sa place dans le corps, sans restriction, tout le reste se met en place, lui donnant la solidité nécessaire dans sa vie. La force et la puissance dans son être et ses actions. Comme pour la déesse Durga, différents instruments nous ont été donnés. Mais l’heure n’est plus à la guerre désormais. Elle est au respect, et à la collaboration. Les démons n’ont plus besoin d’être combattus : ils deviennent des alliés dans la transformation.
Et je me lève. Consciente que d’un côté ou de l’autre de l’océan, dans des cultures et des sociétés tellement différentes, nous faisons tous de notre mieux, avec nos capacités humaines, pour honorer la Déesse. Exactement là où elle a besoin d’être reconnue.

Cecilia Gautier - www.lamandorla.eu

************************************************************************************************************************************************

S’autoriser à être Déesse et jouir de ses pleins pouvoirs

La femme, nous le savons, traverse différentes phases durant son cycle. La Jeune Fille, la Mère, l’Enchanteresse et la Sorcière... mais il y a encore une autre énergie présente, celle de la Déesse.

La Déesse revêt un caractère spécial, elle est chargée de croyances et de connotations qui la rendent inaccessible pour la plupart des femmes.
Quand nous entendons « déesse », nous pensons tout de suite à une femme d’une grande beauté, pleine de majesté et de noblesse. Nous voyons ces déesses mythologiques, ces déesses de contes de fées, qui font partie d’une réalité abstraite.
Or, beaucoup de femmes ont une image d’elles-mêmes très négative. Elles se trouvent trop petites, trop grosses, trop grandes, trop maigres, pas assez intelligentes, pas assez intéressantes. Elles n’ont tout simplement pas confiance en elles.
Comment pourraient-elles oser se sentir déesses alors qu’elles pensent cela ? Et si jamais elles osaient, les autres les jugeraient orgueilleuses, vaniteuses.
« Non, non, non, la Déesse, ce n’est pas pour moi, ça me fait trop peur, c’est bien trop grand. »
Et pourtant, c’est au moment où la femme s’autorise, c’est au moment où la femme ose se dire et se sentir Déesse, qu’elle accède pleinement à son Être. Sans briller plus qu’une autre, sans prendre la place de quelqu’un, juste… en prenant pleinement Sa Place.
Je donne depuis quelques années quatre journées d’Initiation où nous voyageons au cœur du cycle féminin. Nous traversons la Jeune Fille, pétillante et fraîche, puis la Mère, puissante et aimante, l’Enchanteresse, mystérieuse et libre, pour finir par la Sorcière, sage et lumineuse.

(.........)

Ce fut magnifique de les voir accepter timidement, puis pleinement leur grandeur. De les voir complètement présentes à leur corps et à leur Être. De les voir oser briller, oser être puissantes dans une grande douceur.

Chères femmes, vous êtes des Déesses. Invitez-la dans votre vie. Laissez cette sensation descendre dans votre corps. Brillez, rayonnez, respirez déesse. Et reconnaissez aussi la déesse en chacune des femmes que vous croisez. Honorez-vous et honorez-les, c’est un acte plein de grâce et de beauté.

Émeline DECAESTEKER – Chamalune- http://chamalune.wixsite.com/chamalune - chamalune@gmail.com

******************************************************************************************************

Une Femme - Sept déesses


La complétude de la femme comme celle de l’homme, cadeau de la relation.
J’écris ceci le jour de la Saint-Valentin, un bon jour pour nous rappeler que nous portons en nous-mêmes l’univers, la globalité, l’unité avec Tout, que ceci loin d’être une chimère est une vérité à actualiser. Plus nous l’actualisons en nous-mêmes avec la plénitude qui en découle, plus nous nous présentons à la relation dans la pure spontanéité, l’autonomie, la lumière. Y a-t-il plus grand cadeau que de libérer l’autre de nos attentes, nos projections, nos identifications ? Y a-t-il plus grand cadeau que de reconnaître en soi comme en l’autre la divinité, la liberté, l’unité, tout en gardant conscience de la dimension humaine apparemment limitée mais porteuse et disponible à la réalisation ?

Odyssée. Femme et complète.
« Tu es un garçon manqué » réprouvait la grand-mère. « Viens sur mes genoux » reluquait le grand-père. « T’es bien une fille » méprisait le père. « Pauvres de nous » maugréait chaque mois la mère. « T’es même pas cap, t’es qu’une fille » narguait le frère.
Déesse, quelle odyssée d’être une fille !
Et si à travers ce qui a été démonisé, blessé, avili, refoulé, résidait la dimension sacrée, divine du Féminin ?
Se sentir femme et complète, puissante et douce, magique et belle, nourricière et amoureuse, accueillante et libre, légère et profonde, compassionnée sans être attachée, prêtresse et spontanée, sensible et vitale, gamine et sage, est un véritable pèlerinage à la Source. Véritablement.
Quelle que soit la taille de ses seins, le nombre ou non de ses enfants, sa vie sexuelle. C’est l’essence du Féminin à travers une Femme.

Femme unique. Femme universelle.
Chaque Femme incarne une tonalité unique du Féminin sacré avec sa beauté unique et toutefois universelle. Elle a à la dévoiler et sortir des clichés, des attentes du regard extérieur.

Déesse, Féminin de Dieu.
Le Féminin de Dieu est absent des grandes religions monothéistes patriarcales. Le Dieu patriarcal destitue et ensevelit la Déesse originelle. Seul reste le féminin, ayant perdu la conscience de son essence et de sa divinité, immature, coupable du péché originel, incarné par la femme.

Valeurs du Féminin.
Il nous revient à nous femmes et hommes en éveil, de rassembler, de guérir, d’intégrer les multiples visages de la Déesse, afin de créer un monde où les valeurs du Féminin transforment fondamentalement notre société, l’enrichissent, où la dimension divine et sacrée de la vie est connue, reconnue, honorée.
Valeurs associées à un mouvement d’intériorité, d’accueil, d’intuition, de ressenti, d’alchimie, de coopération. Mouvement qui englobe la totalité sans en exclure aucun, qui inclut, qui réunit. Accepter que quelque soit notre sagesse, le Grand Mystère est. Le Féminin accepte de faire l’expérience de la Vie et ce Oui en chacun et en chaque être et chose est un cadeau d’amour absolu.

Responsabilité envers son propre masculin.
Afin de guérir la blessure intime du féminin qui a oublié sa conscience divine et s’est identifié à la matière vile, les femmes ont à restaurer leur masculin véritable, non un masculin calqué sur le modèle de l’homme.
Elles ont la responsabilité de reconnaître en elles la Déesse et de traverser le piège immémorial de se croire une déesse afin de devenir véhicule de la Déesse. Ni plus mais ni moins.

Visages de la Déesse. Déesses grecques.
La Déesse a bien des visages à travers le monde. Récemment ceux des 13 Mères originelles amérindiennes sollicitent les âmes nostalgiques ou la quête d’exotisme.
Il y a ceux des déesses grecques, proches et assimilables.
Je me baigne depuis plus de vingt ans dans une grille de lecture qui se base sur 7 déesses grecques. Ces 7 déesses sont maintenant des Alliées chamaniques, des amies, des archétypes vibrants en moi. Elles me soufflent des rituels, des pratiques, des guérisons, des activations, des sons spontanés, des gestes… Certaines sœurs que j’ai eu le bonheur d’accompagner créent aujourd’hui leur(s) propre(s) cercle(s), s’en laissent inspirer dans leurs écrits.
Je rends grâce à Jean Shinoda Bolen qui a légitimé les multiples aspects de la Femme en moi, autant inavoués qu’emblématiques.

Chaque déesse, une Alliée.
Les 7 visages de la Déesse vivent en nous et imagent notre mythologie intérieure et notre psyché.
Chacune est un trésor à restaurer, à actualiser. Chacune a besoin d’être vécue dans le corps, le cœur et l’âme. Chacune représente une voie de transformation des enjeux du féminin dénaturé et démonisé. Grâce à chacune, nous pouvons guérir nos propres tonalités du féminin blessé mais aussi éclairer et illuminer nos démones. Chacune est une Alliée sacrée sur une voie de restauration du Féminin.
Pour chacune, j’ai reçu une voie spirituelle et un centre d’énergie privilégié d’exploration, de guérison, d’harmonisation.
Une Femme complète intègre les 7, chaque femme dans une proportion différente. Pour chacune d’entre nous, à un moment ou un autre de notre vie, chacune des 7 vient à notre rencontre (avoir ou non un enfant, privilégier ou non sa carrière, sa vie intérieure, son intégrité, la passion, se marier, vivre libre).
Nous avons besoin d’éveiller en nous celles qui sont refoulées, en guérir d’autres, illuminer celles dans leur ombre, célébrer celles qui sont nos ressources de joie, de paix, d’extase.
Surtout ne pas les enfermer dans des dogmes, sans rire ni joie. Surtout les célébrer avec spontanéité, créativité, beauté et magie.
Ceci aussi pour l’homme qui intègre son Féminin, sa propre complétude.
Discerner, ressentir laquelle se manifeste ou non, prendre soin du besoin fondamental de chacune, choisir laquelle suivre, est le gage d’un choix digne de la Déesse.


Une Femme
Une femme dans sa complétude, véhicule de la Déesse, porte la dignité, la reconnaissance sacrée d’être Femme, sans le besoin de séduire ou de craindre l’homme. Elle n’extériorise pas un masculin fabriqué sur le modèle de l’homme, elle n’a pas besoin de faire comprendre qu’il faut la respecter, elle le véhicule.
Dans un environnement machiste, sa présence ne donne pas prise au pouvoir ou à la domination, elle n’a pas d’accroche et ne se sent pas victime personnellement. Dans la reconnaissance de la beauté intrinsèque d’incarner le Féminin, elle reconnaît sa beauté unique quelle que soit son apparence et connaît sa divinité, sans besoin d’être divinisée. Son corps est sa terre sacrée et le temple qui ancre le ciel. Son sang menstruel, celui des Lunes, concentre la présence de la Déesse. Elle reconnaît chaque femme à travers une sororité complice, ainsi qu’une fraternité naturelle envers l’homme. Elle porte la souveraineté de ses actions, reine et prêtresse en elle-même. Il émane d’elle une Présence douce et ferme, profonde et claire, concernée sans être attachée. Sa Présence réjouit, aimante, accueille, transforme et célèbre.

Je salue la Déesse en chacun et chacune et rends grâce de contribuer à son retour.

Diane Bellego - www.tantradianebellego.com - www.facebook.com/Tantra.diane.bellego

***************************************************************************************************************************************

3 clés pour honorer la déesse en vous

« Traite-toi chaque jour comme une déesse »
Une phrase, une pépite, glissée à mon oreille sur une plage d’Indonésie il y a dix ans et qui a fait son chemin depuis. Mais, se sentir comme une déesse… c’est quoi ?

Nous sommes toutes passées par là : « Ah, si seulement j’étais plus mince, plus jolie, plus intéressante, plus intelligente, si j’avais plus d’argent, plus de temps, un partenaire plus présent… Je pourrais me sentir mieux, plus sexy, plus vivante, je réussirais mieux… »

Il y a plusieurs années en arrière, j’étais loin d’être connectée à ma déesse intérieure et encore plus loin de savoir comment l’honorer. Je pensais souvent à tout ce que je voulais changer en moi, les blocages que je rencontrais ou les choses qui m’embarrassaient et cela alimentait un cercle peu vertueux qui bien sûr m’empêchait de me réaliser pleinement et de briller de ma belle lumière. Jusqu’à ce « Traite-toi chaque jour comme une déesse » qui peut sembler un peu naïf, mais qui a marqué un tournant dans ma manière de vivre avec moi-même. Il y a une grande différence entre comprendre le concept avec son esprit et l’incarner véritablement. C’est un chemin. Éveiller et honorer ma nature de déesse fut, à ce moment-là, une décision, un engagement, une promesse avec moi-même. Les choses sont parfois un peu plus simples qu’elles n’y paraissent et peuvent commencer ici et maintenant, au moment même où vous lisez ces lignes. Prête ?

Découvrez 3 clés pour reconnecter à votre déesse intérieure et mieux vous honorer.

Clé n° 1 : Choisissez consciemment de vous porter de l’attention dans la bienveillance au quotidien.

À travers mes expériences personnelles autant que professionnelles, j’ai observé combien, souvent, les femmes, chacune à leur manière, entretiennent des comportements parfois peu respectueux de leur personne : mauvaise hygiène de vie, jugements excessifs sur soi-même, ou encore difficulté à poser des limites claires et à s’écouter.

Essayez d’observer…
Vous êtes en train de vous juger ou vous êtes dure avec vous-même...?
Pouvez-vous envisagez d’être un peu indulgente avec vous, comme vous le feriez avec une amie que vous aimez beaucoup ? Laissez passer cette pensée, ce jugement et l’histoire qui va avec sans vous y identifier. Respirez profondément et souriez-vous avec bienveillance. Savoir se foutre la paix, c’est aussi ça se sentir une déesse !

Pour d’autres, cela passera par une difficulté à poser et respecter ses limites. Vous êtes épuisée mais vous vous forcez à faire quelque chose pour faire plaisir à quelqu’un ? Réfléchissez à comment mieux honorer vos limites au quotidien, elles sont une marque d’amour et d’estime de soi.

Demandez-vous…
Que pouvez-vous faire chaque jour pour vous aimer un peu plus et cultiver la bienveillance à votre égard ? Pouvez-vous essayer de vous connecter un peu plus à vous-même et d’écouter ce dont vous avez vraiment besoin ?

Clé n° 2 : Tournez votre attention sur les forces déjà disponibles en vous.
Quelles sont les parties de vous qui se sentent déjà éveillées, déjà puissantes, déjà connectées, déjà une déesse ? Valorisez ce qui est déjà. Donnez de l’attention, du temps, de l’amour à votre nature de déesse pour la nourrir, en prendre soin pour la faire grandir. Décidez de célébrer cette partie de vous, glorieuse, expressive, qui a toujours été là. Parfaite, comme elle est.

Clé n° 3: Éveillez votre capacité à vous assumer totalement et à être présente à vous-même.
Être une déesse ne veut pas dire être parfaite ! Renoncez à essayer d’incarner seulement les meilleurs côtés de vous : se montrer la plus gentille, la plus douce, avoir l’air d’être quelqu’un de très bien, ou d’être toujours forte... Tous ces masques que l’on porte pour avoir l’amour ou l’approbation des autres. Soyez vous. Gardez en tête que vous pouvez échouer tout en étant une déesse, vous pouvez avoir des rondeurs tout en étant une déesse, vous pouvez être en colère, ou triste, tout en étant une déesse ! Être une déesse ne consiste pas non plus à se débarrasser de nos blessures, ou à prétendre qu’elles n’existent pas mais à faire face aux blessures, aux émotions, aux échecs… À savoir être présente à soi, s’aimer, se consoler, se soigner… Le monde a besoin de votre authenticité, de vos vulnérabilités, donnez-leur de l’espace pour sortir de cette contraction de devoir être d’une certaine manière ! Prenez votre place, pleurez, riez, soyez en colère, aimez… C’est un cadeau que vous vous ferez et que vous ferez aux autres. Parce vous êtes parfaite là maintenant, tout de suite et que le monde a besoin de vous voir comme vous êtes !

L’intégration de ces trois clés nous amène à vivre nos vies de femmes plus alignées avec notre nature de déesse. Les choses changent à partir de notre intérieur et se manifestent dans toutes les sphères de notre vie : notre vie amoureuse, sociale et professionnelle, comme dans notre sexualité, devenant ainsi plus authentiques en étant le reflet de notre vérité intérieure.

En résumé, pour être une déesse, n’ayez pas peur d’être vous-même et de briller de votre belle lumière !

Maeva Poornima - poornimaflow@gmail.com - www.maevapoornima.com - www.artsdelamour.com

******************************************************************************************************************

Revenir à la vie

Depuis plusieurs années, j’entends dans beaucoup de cercles d’amies, de femmes, de thérapeutes ces mots : « Honorer la déesse ». Faisant toujours mine de savoir de quoi il s’agissait, et d’être entièrement d’accord avec toutes, je me faisais en même temps cette réflexion : « Alala, mais de quoi parlent-elles exactement ? Ça a l’air si simple, si évident ! La déesse ? Mais quelle déesse ? L’honorer : pourquoi ? Comment ? » Ayant un orgueil parfois très mal placé, j’avoue avoir toujours fait comme si je savais : « Eh ben, bien sûr que je sais, quand même, je suis une femme, je suis bien au courant hein ! » Comme vous l’aurez compris, je n’avais en fait aucune idée de ce que ceci signifiait en vérité. J’avais même un petit rejet face à ce sujet. Mes poils d’incompréhension se dressaient : « Aaaaaa encore ce sujet… Pfff la barbe ! »

Une expérience que j’ai vécue il y a un an m’a rappelé ce qui était en moi, et a mis en lumière un début de compréhension consciente. Notre corps et tout notre être connaît, comprend mais parfois, nous ne le savons juste pas consciemment.
Grâce à une amie, j’ai plongé dans le souvenir d’une expérience douloureuse et traumatisante de mon enfance. Une expérience qui m’a obligée, à cette époque, à éteindre, fermer mon corps à la vie comme mécanisme de défense. Je me suis emprisonnée derrière un épais mur de verre, à travers lequel je pouvais interagir avec l’extérieur mais qui me protégeait, me permettant si j’en ressentais le besoin de couper toute sensation physique avec autrui. J’enlevais ce mur lorsque j’étais certaine d’être en sécurité, c’est-à-dire, sans la présence d’autres humains. Mais je me rends aujourd’hui compte que mes cellules gardaient tout de même en elles ce mur, cette torpeur, les empêchant de vibrer pleinement.
En observant ainsi mes cellules éteintes, qui avaient gardé en elles cet instant de torpeur, juste en les entendant, en portant de l’attention, de l’amour, je les ai senti danser de nouveau, toutes lumineuses et pleines d’espace. Je pouvais, sans rien faire d’autre que porter le regard de mon cœur sur moi-même, sur toutes mes cellules, les sentir vibrer, les faire revenir à la vie.
Honorer son corps, sans rien faire d’autre que lui porter une réelle et entière attention, lui rendre un total hommage, c’est lui rendre sa place au sein de l’univers, au sein de la vie. Toutes ces étoiles qui scintillent en moi, toutes ces danseuses si différentes les unes des autres, avec leurs rythmes, leurs beautés jouent la merveilleuse symphonie de la vie. Et le plus extraordinaire, c’est que tout ça, c’est moi. Je compris alors ce que signifiait le mot « honorer ».

(.......)

Lorsque je vis pleinement, m’élançant à corps et cœur perdus et que cet envol fait vibrer tout mon être, tel des milliers d’étoiles vibrantes, j’honore la déesse.


Marie-Laure Bassi
mleu@live.fr

 

 

GALERIE

     
 

 

PORTRAIT DE FEMME

Sophia Style
Un tapis volant au tissage irisé contient des fils colorés symbolisant des expériences significatives de notre vie. Il nous permet de survoler notre parcours et de nous souvenir de ce que l’on est venu être et faire sur terre. Voici sept de mes fils :

Un fil vert. Enfant, je joue à la campagne avec une amie et nous inventons des histoires de tribus. Aussi, je l’associe à mon aspiration à la vie en communauté et au contact intime avec la nature, qui m’ont donné l’élan de co-créer au vert des cercles et des ateliers durant lesquels nous nous souvenons de notre nature sauvage et cyclique et de notre sororité.

Un fil rouge me connecte aux femmes de ma famille et à la guérison collective de notre lignée féminine. Depuis toute petite, j’entends parler de la menstruation comme d’une malédiction. Cependant une recherche intérieure transformera la vision que j’avais du cycle menstruel. Je ressens alors le désir de transmettre une conception toute autre des règles à travers la création de cours, rituels, visuels, articles…

Un fil lilas représente ma quête spirituelle. La connexion avec la « Triple Déesse » (Jeune fille, Mère et Sage) réveille en moi la passion de me réapproprier et d’honorer les rites de passage féminins :
ménarche (premières lunes), accouchement et ménopause.

Un fil turquoise me relie à la nécessité d’une communication authentique, sans masque. J’ai découvert qu’il était possible de parler et d’écouter différemment, à partir du cœur, la première fois que j’ai participé à un cercle de femmes.

Un fil blanc de la fillette en moi adorant jouer, qui maintenant anime avec satisfaction et bonheur des groupes et des ateliers, et forme des femmes qui souhaitent accompagner des personnes dans leur chemin de transformation.

Un fil orange pour l’écriture et la créativité. À 9 ans, je commence à rédiger mon journal intime et à avoir des échanges épistolaires. L’écriture est un refuge et un espace pour me rencontrer moi-même et me relier aux autres. J’adore partager des articles et créer des cours en ligne pour inspirer et éduquer.

Un fil jaune, enfin, reflète la capacité que j’ai à vivre mes passions : me fixer des objectifs, planifier, tisser des réseaux, être organisée, ambitieuse, généreuse, centrée… J’ai toujours voulu cultiver une façon d’entreprendre à partir du féminin cyclique, tout en restant fidèle à ma profonde motivation de développer un travail de guérison avec et pour les femmes. Mujer Cíclica est un rêve qui est devenu réalité.



 

 

 
 

© Rêve de Femmes 2009 - mentions légales