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VOS ECRITS
Sexualite sacrée Le Don dAmour
Initiation
Au loin, la Porte Dauphine gronde de son brouhaha habituel. Si la circulation est fluide, s'engager sur le rond point demeure toutefois une opération hasardeuse Elle marche lentement dans une contre allée. Cheveux déliés et allure svelte, elle se déplace avec légèreté. Parce que de bon goût, sa mise semble simple : une jupe ample et unie, un corsage finement travaillé relevé d'un foulard léger, l'ensemble participant d'un camaïeu bordeaux à l'harmonie indiscutable. Son visage, à la fois accueillant et lointain, exprime l'indéchiffrable. L'immeuble devant lequel elle s'arrête est cossu, un rien arrogant comme la plupart de ceux qui bordent le bruyant boulevard Lannes. Son doigt connaît le tableau et appuie sur l'un des boutons sans même le secours du regard. - Oui ? - Bonjour, c'est Clarisse. - Entre, je t'ouvre. La porte délivre son déclic discret et Clarisse s'avance d'un pas feutré sur l'épais tapis rouge qui garnit l'entrée et s'enroule sur l'escalier monumental. C'est la troisième fois qu'elle gravit ces marches. Elle prend son temps sachant que monsieur de la Richardière la fera patienter quelques instants après qu'elle eut sonné. C'est son habitude, sa façon à lui de dire « je suis un gentleman qui ne suis pas mu par mes pulsions ». La porte s'ouvre enfin. L'homme est de taille moyenne, le visage régulier, l'allure svelte. Il est vêtu d'une robe de chambre de soie aux motifs orientaux. Son visage, ni juvénile ni encore adulte, laisse peu imaginer son activité d'attaché d'ambassade. - Entre clarisse, installe toi au salon. Le thé est prêt, je vais le chercher. - Oui monsieur. - S'il te plait, je te le demande à nouveau, appelle moi simplement Thibaud.
Il disparaît dans la cuisine. Clarisse s'installe confortablement et contemple une nouvelle fois le décor luxueux. Le père de Thibaud a longuement séjourné aux Indes. Le mobilier hérité et l'aménagement du salon en témoignent, ce qui confère à ce lieu une ambiance particulière, un peu décalée, un peu surannée. Il revient chargé d'un élégant plateau dont le service à thé souligne les incrustations de nacre. - Comment fais-tu donc pour être toujours aussi ravissante ? Son regard ne peut s'empêcher de la dévêtir, même s'il s'en défend et tente de le masquer. Clarisse esquisse un sourire et se laisse gagner par le parfum du thé. Un thé rare cultivé dans la région de Darjeeling. L'homme s'assied à coté d'elle et pose, d'une façon qui lui parait tout à fait naturelle, sa main sur son genoux. Clarisse tourne simplement vers lui un regard posé. La main quitte le genou. - Excuse moi. Tu sais ça m'a fait un coup avant-hier quand tu m'as dit que tu ne pouvais venir parce que tu avais un autre rendez-vous. - Je sais, mais c'est ainsi. - Pourquoi te montres-tu si dure avec moi ? Nos rencontres ne t'offrent-elles donc aucun plaisir ? Clarisse marque une pose. - Dites-moi monsieur, au delà de la putain, qui voyez-vous en moi ? Sincèrement. La théière s'immobilise net au dessus des tasses, et le silence se charge de les remplir Le regard de Thibaud trahit son désarroi. Non seulement ce langage n'a pas de référentiel dans son univers mais de plus, jamais femme ne l'a placé face à une telle confrontation. Il sent une sourde colère monter en lui, dépose la théière avec maladresse et se lève pour aller prendre place sur un fauteuil face à Clarisse. - Qu'est-ce qui te prend, lâche-t-il sans même la regarder ? - Rien. Je vous ai simplement posé une question. Il tourne brusquement son regard vers elle, la violence des mots au bord des lèvres, mais soudain il se fige : il vient d'entrer dans le champ du regard de Clarisse. Les mots, les images, les souvenirs lui manquent pour identifier, qualifier ce regard. Dans celui-ci, aucune violence, aucun reproche, seulement une sorte de fluidité qui s'écoule avec puissance et douceur et vous remplit d'une onde n'épargnant aucune de vos cellules. Thibaud perd pied et cherche désespérément où se raccrocher. Sans réfléchir il se cale lentement au fond de son fauteuil, incapable de se dégager du regard de Clarisse. Jamais il n'avait remarqué la profondeur de ses yeux verts joliment rehaussés d'un imperceptible maquillage. Il avait souvenir du velouté de sa peau, de ses seins, de son sexe, mais de ce regard-là, rien. Et pourtant. Un petit quelque chose remonte des profondeurs. Mais d'où ? Ah oui, leur dernière rencontre : juste avant d'être englouti dans l'explosion de l'orgasme, il avait vu Clarisse déposer son index au centre de sa poitrine dans un geste à la lenteur surprenante, et qui l'apaisa aussitôt. Le feu de son ventre sembla non pas disparaître mais simplement prendre le temps de prendre sa place, toute sa place C'est là, oui c'est là qu'il avait perçu pour la première fois ce regard aux reflets émeraude.
- Qui êtes-vous donc Clarisse ? - C'est presque la question que je vous pose : qui voyez-vous en moi ?
Thibaud revoit la scène de ce vernissage dans les salons de l'ambassade. La foule habituelle de ces rencontres huppées où les robes longues le disputaient aux habits de soirée. Les sourires de circonstance, les poses convenues, les myriades de petites bulles étincelantes dans des verres distraitement tenus. Las de ce manège insipide Thibaud s'était déplacé vers le buffet pour y déguster ces quelques mignardises qui avaient fait la réputation du traiteur attaché à l'ambassade. Un survol rapide des plateaux garnissant la nappe immaculée lui fit jeter son dévolu sur un petit canapé, le dernier restant, garni d'une crème de saumon rehaussée de fines herbes exotiques. Alors qu'il avançait la main pour s'en saisir, plus leste que lui mais sans précipitation aucune, une autre main vint s'emparer du bijou convoité. - Permettez-moi de vous offrir ce régal des sens, monsieur ! Thibaud resta stupéfait. La femme qui se tenait devant lui, grande, belle, la trentaine, lui offrait, outre l'amuse-gueule à l'extrémité de ses doigts fins, un sourire dont la simplicité et la limpidité le désarçonnèrent. Il était habitué à ces "dames de compagnie" invitées par le chef du protocole dans ce genre de manifestations. Mais celle-ci, par son comportement, le prenait totalement au dépourvu. Le charmeur-séducteur vint à son secours. - Excusez-moi, madame, tant de grâce et de finesse dans votre élégance ont raison de mon jugement. Je ne sais si je dois accepter votre présent, vous courtiser ou les deux !... L'éclat du rire clair qu'il provoqua ainsi l'envahit plaisamment. Ils passèrent le reste de la soirée à l'écart dans le salon et Thibaud ne cessa d'être surpris et ému de la culture de cette belle inconnue. Il senti une attirance subtile se déployer lentement en lui et se risqua en fin de soirée à lui donner sa carte en lui proposant de poursuivre ce partage chez lui, quand elle le souhaiterait. Il se reprocha par la suite de n'avoir été plus direct dans sa demande car deux longues semaines s'écoulèrent avant que le téléphone ne retentisse
- Clarisse, dites-moi, que se passe-t-il ? Je suis là devant vous, le désir blotti en embuscade. Votre regard l'attise et semble le tempérer en même temps. Ce désir me porte en avant et je suis là à ne plus oser m'avancer vers vous ! Quelle sorte de magicienne êtes-vous donc ? - Une magicienne dites-vous ? esquissant un sourire. C'est déjà mieux ! Les yeux verts plongent dans les siens. Il ne sait les éviter. Non, en fait il ne veut plus les éviter. Il ressent ce regard comme un surprenant catalyseur opérant quelque alchimie occulte. Un mélange de lame de fond, d'apaisement, de vivance profonde, de déstructuration douce, d'énergie inconnue. Il éprouve le sentiment étrange que son désir se transforme lentement, et remonte avec légèreté vers le cur. Clarisse suit cette aube de métamorphose avec attention. Devant elle, Thibaud est un livre ouvert. Rien ne semble lui échapper. - Clarisse, venez dans la chambre s'il vous plait. Laissez moi me blottir dans vos bras, je ne sais plus où j'en suis - Non Thibaud, pas aujourd'hui. Elle se lève avec grâce et saisit son sac d'un geste posé. - Ne vous dérangez pas, je connais le chemin. Je vous rappellerai. Thibaud reste interdit, la regarde quitter le salon, entend la lourde porte d'entrée se refermer avec douceur. Une étonnante émotion l'envahit, inconnue, nouvelle, dérangeante et puissante. Elle le submerge soudain, et il ne s'explique pas ces larmes qui brouillent maintenant sa vue
Clarisse marche d'un pas léger vers la porte Dauphine lorsque son téléphone portable l'extrait de ses pensées. Un bref coup d'il sur l'écran. - Oui, maman ! dit-elle avec un imperceptible soupir. - Ma chérie, je suis contente de te joindre. Tu ne passerais pas me voir ce soir ? - Ce n'est pas possible maman, j'ai encore un rendez-vous dans la soirée. - Ma chérie, quand est-ce que tu quitteras cette vie mondaine et dévoyée ? - Ecoute maman, nous n'allons pas une fois encore remettre ce sujet en question. Je conduis ma vie comme je l'entends et je te demande seulement de ne pas porter de jugement à ce propos. - D'accord, d'accord ! Alors, à la semaine prochaine comme convenu ? - Oui maman, à la semaine prochaine comme convenu. Je t'embrasse, et prend bien soin de toi.
Clarisse remonte maintenant l'avenue Bugeaud. Une femme accompagnée d'un homme approchent en sens contraire. Arrivée à leur hauteur, sans s'arrêter, elle salut la femme d'un léger mouvement de tête accompagné d'un sourire discret et d'un petit "bonjour" chaleureux. Un peu plus loin l'homme se tourne vers son amie. - Qui est-ce ? Tu la connais ? - Oui. - Il faudra que tu me la présentes, je crois que j'aurais plaisir à lui faire un peu de gringue ! - Inutile, tu n'as aucune chance ! - Ah oui ? Et pourquoi donc ? - Parce qu'elle ne t'a pas même regardé. - Et alors ? - Alors c'est toujours elle qui choisit. Toujours. - Mais enfin dis-moi, qui est donc cette beauté ? - Cette beauté comme tu l'appelles, c'est Clarisse, mon maître de Tantra
Gilles Gueritault 22 Avril 2007.
L'AMOUR LAmour est patient et doux; l'amour n'est ni jaloux ni vantard; il n'est ni arrogant ni brutal. L'amour n'insiste pas pour faire les choses à sa manière; il n'est ni irritable ni rancunier; il ne se réjouit pas des torts des autres, car il sait qu'il n'existe ni bien ni mal. L'amour porte toutes les choses, sait toutes les choses, supporte toutes les choses, embrasse toutes les choses, mais ne pardonne rien, car l'amour sait que rien ni personne n'a besoin de pardon. L'amour c'est la responsabilité, l'honnêteté dans la conscience. L'amour ne finira jamais. L'amour lâche prise. Le besoin, confondu souvent avec l'amour, fait le contraire. Le besoin retient, l'amour lâche prise. Lâcher prise par rapport à l'attente, par rapport aux exigences, aux règles et aux règlements que l'on voudrait imposer à celles et ceux que l'on aime. Ils et elles ne sont pas aimés si elles et ils sont restreints. Lorsque l'on aime quelqu'un, on lui accorde la liberté totale d'être qui il (ou elle) est, car c'est la plus belle chose qu'on peut lui offrir, et l'amour donne toujours le plus beau cadeau. On peut partager aussi ce que l'on sait, offrir ce que l'on a compris, sans chercher à imposer ses idées, ses règles, ses choix. Et ne pas retenir son amour si un autre fait des choix que l'on ne ferait pas. En effet si on croit que ses choix ont été médiocres, c'est précisément le moment de montrer son amour. C'est la compassion, et il n'y a pas d'expression plus élevée. C'est vivre tout simplement son amour comme si chacun, et en fait, chaque chose, était une extension de soi-même. Traiter tous les autres comme s'ils faisaient partie de soi. Nous sommes l'Humanité. La nature fondamentale de l'être humain est d'aimer, d'aimer chaque personne et chaque chose même s'il est «anormal» pour beaucoup de le faire. En décidant d'agir avec amour, la vie redevient facile, paisible. Pour atteindre cette paix à tout moment et la garder, on peut y arriver en se posant une simple question en toute circonstance: «Que ferait l'amour maintenant?» C'est une question merveilleuse car la réponse vient instantanément du fond du cur. Elle enlève l'inquiétude de la proximité. Elle fait disparaître tout doute, toute peur. Elle baigne l'esprit avec la sagesse de l'âme. Aller au cur de l'amour, agir à partir de cet espace dans tous les choix et toutes les décisions, apporte la paix intérieure. Rosaria Montalbano
Voilà deux mois, Solange a rencontré Hervé. Au cours d'un stage d'initiation au Qi Quong. Son allure, ses gestes lents, ce sentiment de mesure émanant de lui ont attiré son attention. Ils ont ponctué ensemble la fin du stage à la terrasse d'un café.
Solange avait été mariée. Une histoire qui prit fin après quelques années seulement. Une montagne d'incompréhension et de silences eut raison de cette relation. Quelques aventures sans lendemain avaient ensuite émaillé sa vie, mais leur inconsistance avaient vite clos ces parcours sans issue. Aujourd'hui, à trente-huit ans, elle désirait vraiment construire.
Après deux mois de rencontres au restaurant, au théâtre, aux jardins du centre ville Solange s'est mise à apprécier la compagnie d'Hervé, ses connaissances étendues, son humour léger et cette façon de lui prendre la main comme un adolescent lorsqu'ils déambulent sur les grands boulevards. Les baisers furtifs qu'il ose ces derniers temps commencent d'éveiller en elle des sensations depuis trop longtemps endormies. Mais ce n'est que lorsqu'il lui avoue que sa silhouette, sa démarche, sa grâce l'émeuvent profondément qu'elle éprouve vraiment pour la première fois le désir d'un partage plus intime. Elle l'invita à dîner chez elle ce samedi soir.
Solange regarde la table qu'elle vient d'achever de dresser. Non, ces serviettes bleues ne vont pas avec les bougeoirs. Et ce bouquet de fleurs, il charge trop. Je vais le décaler à l'extrémité de la table. Un fumet délicat a envahi son petit appartement. Tout est prêt. Juste à réchauffer le moment venu. J'ai deux bonnes heures devant moi avant l'arrivée d'Hervé, pense-t-elle. Keep cool ! Elle s'allonge sur le canapé
Elle y retrouve le visage de son dernier amant. Jeune, un peu tout fou, mais quelle délicatesse dans leurs échanges ! C'est pour cette raison qu'elle eut du mal à le quitter. Il savait éveiller en elle les sensations les plus raffinées, les désirs les plus affûtés, les ondes les plus envahissantes. Oui, mais il buvait Ces images, de deux ans d'âge maintenant, réveillent un frémissement imperceptible dans son corps : une minuscule tache de feu dans le hara dont elle croit même percevoir la couleur orangée. Quelle douceur cette sensation aux ramifications secrètes et surprenantes, cette petite boule de feu qui se met lentement en mouvement, remonte sans hâte dans son ventre, remonte encore pour envahir avec délicatesse sa poitrine, dont les extrémités commencent à s'animer d'une vibrance insolite L'onde secrète poursuit son errance et atteint la gorge pour s'y attarder un peu. Puis une merveilleuse bouffée de chaleur l'envahit toute. Solange ferme les yeux et goûte cet instant de délice
L'image suivante lui propose le visage d'Hervé penché vers elle avec attention et sollicitude. Elle laisse son imaginaire naviguer et renoue avec la puissance de sa créativité. Ainsi parcourt-elle cet univers étrange où désir et plaisir trament son corps de fils d'or étincelants.
Emplie de ces promesses lumineuses, Solange émerge avec légèreté pour se glisser sous la douche. Elle y découvre avec reconnaissance, sous la caresse de l'eau complice, la brillance tiède et douce de son sexe sur lequel elle laisse ses doigts s'égarer avec délicatesse
Sur le lit, trois robes et une montagne de sous-vêtements. « Même si mon désir est grand, je ne veux pas lui donner l'impression de l'avoir attiré dans un traquenard ! » sourit-elle. Sur le principe, elle opte pour le combiné d'une tenue plutôt sobre assortie de sous-vêtements plutôt "légers". Commence alors une historique séance d'essayage. Blancs ou noirs les sous-vêtements ? Ce sera noir. Après beaucoup d'hésitations un petit slip à dentelle légère l'emporte. Solange le revêt et observe le résultat dans le miroir. Il est taillé de telle sorte qu'il dégage largement le haut des cuisses. Son "V" très fermé laisse apparaître sur les côtés quelque chevelure discrète de son pubis. Oui, juste ce qu'il faut, constate Solange en inclinant légèrement la tête devant le miroir, comme pour mieux en apprécier l'effet. Par contre le soutien gorge est plus rétif, l'hésitation grande. Dans une main un petit bijou noir, simple, à la transparence irréprochable, dans l'autre, d'une facture très différente, une pièce légère, juste conçue pour soutenir la poitrine, masquant avec difficulté le délicat fleuron cerclé des seins et permettant un décolleté audacieux. Solange se regarde dans le miroir, les bras pendants, indécise. Elle se prend à s'observer. Quelque chose d'indéfinissable l'interpelle. Elle n'a jamais prêté autant attention à l'image que lui renvoie son corps ce soir. Il respire l'harmonie. Pour mieux l'apprécier encore elle enlève le petit slip. Ce qui la surprend aussitôt, c'est cette apparence d'équilibre des formes, d'exactitude des proportions. Elle se découvre belle, vraiment belle. Et pas seulement dans son corps - quiconque trouverait certainement à y redire - mais dans tout son être. Assurément, son corps exprime l'invisible et l'insaisissable de son être intérieur Solange observe alors combien sa poitrine participe à l'équilibre de cette beauté rayonnante. D'un geste aérien elle abandonne les deux étoffes sur le lit et décide que ce soir, pour la première fois depuis son adolescence, elle laissera sa poitrine vivre au rythme de son corps. Cette décision tranche d'elle-même le choix de sa mise : ce sera une jupe simple de couleur claire, assortie d'un corsage léger aux tons bleus pastels. Ainsi habillée, elle respire la légèreté et apprécie la liberté de sa presque nudité voilée.
A peine a-t-elle remis de l'ordre dans sa chambre qu'Hervé sollicite le carillon de son appartement. Une joie si profonde l'habite lorsqu'elle ouvre la porte, qu'Hervé reste là sans un mot à la regarder, à la dévisager, à accueillir son rayonnement. Silence. Leurs vibrances respectives établissent le contact. Leurs regards se croisent et échangent au-delà des mots. - Entre, finit-elle par dire, sinon les courants d'air vont nous voler nos rêves ! Hervé s'avance, découvre cet univers inconnu, la lumière douce, une décoration au goût simple et sûr rendant ce lieu paisible et chaleureux. Il déguste son Porto sur un nuage dans lequel évolue Solange, légère, de la cuisine à la salle de séjour, de la table au canapé. Il n'émerge qu'en fin de repas, ne sais plus vraiment ce qu'il a pu lui confier jusque là, se pose en douceur au cur de cette scène, marque un temps d'arrêt, la fourchette indécise. Il regarde Solange, découvre son visage pétillant, sa mise aérienne, ses gestes juste un peu fébriles. - Tu ne finis pas ton assiette ? - Si, si. J'étais juste en train de t'admirer ! Solange reçoit cette offrande comme une caresse, une vague de chaleur douce lui effleure les joues et la gorge. L'ombre du désir traverse furtivement l'espace. - Sais-tu, dit-il, pourquoi, au delà de ta simple présence, je me sens dans un état indéfinissable ? - - Parce que jamais je n'ai vécu de telles circonstances, parce que tout est tellement neuf dans ce que nous partageons que je n'ai plus de repères, que l'infini des possibles est simplement là, et que cela, épicé de ta présence, me donne un peu le vertige ! Elle prend son air espiègle. - Comme lorsque tu faisais la Dent du géant ?!
L'image lui revint de cette ascension vertigineuse avec un guide bourru mais à l'assurance sans égal. L'immense glacier du Géant étincelait sous lui sans violence dans le jeune soleil du matin. Il se souvenait de cet instant où, pour la première fois de son existence, il connut l'appel angoissant du vide alors qu'il se reposait sur une vire minuscule, les pieds dans le vide. - Oh Hervé tu nous fais quoi là ? Hervé n'entendait pas. Il commençait de vaciller comme un autiste, chaque oscillation un peu plus prononcée. La gigantesque gifle qu'il reçut sur le champ le sauva d'une chute certaine. Jamais il ne témoigna autant de reconnaissance à quiconque qu'il ne le fit ce jour-là pour son guide.
- Non, c'est autrement. Le glacier du Géant ce n'était rien à coté de ta présence, de ton parfum, de ton aura Solange lui offre un sourire en forme de bouquet. - Installe toi sur le canapé, je vais chercher le café. Il la regarde se lever, s'éloigner, admire la grâce de ses mouvements et surprend, dans un bref contre-jour, son buste léger et vivant sous la transparence du corsage. Surgi de nulle part, à nouveau, l'ombre du désir envahit l'espace. Hervé écoute ce désir résonner en lui, l'accueille avec reconnaissance, en goûte la sensation et découvre qu'il est sur le point d'entrer dans le domaine des possibles inconnus. Rien ne ressemble à rien de ce que la vie lui a déjà offert, il y a là quelque chose de nouveau, d'insaisissable, quelque chose qu'il n'a peut-être approché que sur la cime vertigineuse d'une montagne, quelque chose au-delà des mots Solange revient avec une tasse fumante sur un petit plateau de bois décoré. - Et toi, tu ne prends pas de café ? - Non, j'aime beaucoup le café, mais pas ce soir dit-elle en s'asseyant près de lui. Hervé saisit d'une main la tasse et posa son autre main sur celle de Solange. L'indéfinissable sensation vécue l'instant précédent l'envahit à nouveau et le goût du café s'orna de couleurs inconnues. - Viens, pose ta tête sur mes genoux. Elle tourne doucement son regard vers lui, sent une délicate puissance monter dans sa poitrine. Elle s'allonge sur le canapé et dépose sa tête sur ses genoux. Quelle douceur ce contact ! Pour l'un et pour l'autre Solange sent les doigts d'Hervé effleurer sa chevelure, sa nuque et s'arrêter sur son cou. Elle ferme les yeux. La délicate puissance poursuit son cheminement et s'étale lentement dans tout son corps. Elle ne prend pas forme, mais prend couleurs. Et ces couleurs, mêlées à la présence d'Hervé, se teintent d'irisations harmonieuses, étrangement apaisantes, d'un registre camaïeu inattendu.
Un jour lointain, son père était rentré après une longue absence. Le lendemain matin de son retour, elle s'était faufilée dans la chambre de ses parents et les avait trouvés endormis joliment enlacés. Elle avait laborieusement grimpé sur ce grand lit et avait déposé sa tête sur le ventre nu de sa mère qui s'était tournée vers elle dans son demi sommeil. Elle ne sut pas s'expliquer l'indéfinissable sentiment de paix qu'elle éprouva alors.
Solange prend lentement conscience d'un état d'accomplissement et de plénitude qui l'envahit, d'un état dégagé de toute attente : l'univers des possibles inconnus s'ouvre à elle, et elle se laisse doucement glisser dans cette étrange spirale de lumière qui vient à sa rencontre
Lorsque Solange s'éveille, le jour filtre déjà à travers les rideaux tirés. Étonnée, elle se dresse sur un coude, remarque le coussin de soie qui a été glissé sous sa tête, la lumière qui a été baissée, les fleurs qui ont été déplacées sur la table basse et le petit billet déposé au pied du vase.
Parce que je ne sais pas réveiller la beauté assoupie, même avec les caresses les plus attentionnées, même avec les caresses les plus espérées, même avec les caresses les plus désirées Parce que je ne sais brusquer l'Amour lorsqu'il surgit avec tant de majesté dans mon existence. Parce que tu m'as entrouvert la porte de tous les possibles. Parce que, désormais, je sais que c'est avec toi que je veux cheminer.
Je t'attends chez moi en début d'après midi, le café sera prêt, et j'ai dans l'idée qu'il saura te tenir éveillée !
Hervé Gilles Gueritault 14 Août 2006
Homme-Femme Fusion
Regarde ce ballet de lhomme et de la femme. Ils sunissent jusquà fondre ensemble pour rejoindre la Lumière rejoindre le Divin rejoindre la spirale de linfini.
Tout est fusion en eux, les cheveux, les regards, les bras, les mains, les pieds.
Ils se réunissent par tous ces endroits pour sunir dans lEnergie et dans lAmour.
Sois Un avec ton corps. Sois Un avec ton esprit. Sois Un avec ton âme. Sois Un avec lautre. Sois Un avec la femme. Sois Une avec lhomme.
Quand lUnité sera trouvée, alors plus rien ne comptera pour toi. Tu auras trouvé le trésor de lexistence, ce pourquoi tu es revenu :
lAmour.
Ton Guide dAmour
Mahé Ros
LAmour est éclatement de lUnivers en Soi pour lAutre.
Il est le chemin de lEternité retrouvée.
Voilà ce quest lAmour du Divin.
Les mots de lhomme nétant pas assez puissants,
recherchez en vous létincelle dorée
qui vous emportera dans les champs encore inexplorés.
Descendez au fond de vous-même et
vous trouverez ce que vous cherchez.
Tous les Amours vous appartiennent et
cheminent avec vous.
Découvrez-les au(x) quotidien(s) de vos existences
pour les faire partager à la multitude.
Ton Etre dAmour
Le Don d'Amour revet diverses dimensions, tout dépendant de l'être qui est fasse à moi. Concernant ma profession, et mes patients, il s'agit simplement de leur montrer que je les aime tels quels, avec ce qu'ils estiment être des "angles" trop arrondis ou trop secs, et de leur réapprendre leurs vraies beautés, indépendantes des idées que la société voudrait leur faire adopter. Leur faire prendre conscience de la merveille qu'est leur corps, qui les sert au quotidien dans une indéfectible fidélité, la merveille qu'est La Planète qui nous donne de façon naturelle ce qui nous est nécessaire pour jouir de la vie, et l'alliance qu'ils peuvent faire entre les deux. C'est leur refuser le jugement qu'ils cherchent dans mon regard en comptant leur histoire. C'est rester déterminée à ne rien changer d'eux. C'est pouvoir percevoir qu'ils sont venus chercher l'amour inconditionnel, celui qui s'adresse à autre chose qu'une image d'eux qu'un système rejette, c'est reconnaître cette souffrance, l'effacer peu à peu, en leur faisant découvrir qu'ils sont ce que la Terre porte de plus beau et de plus précieux. Les voir se redécouvrir, se faire rire, et soudain s'aimer follement, puis plus sereinement, admiratifs d'un eux-même dont ils ignoraient l'existance. Alors ensuite peut venir l'Alliance, ils se penchent attentifs à apprendre de notre Mère Terre ce qu'elle a prévu pour eux en tant que Nourricière. Tout vient peu à peu si simplement, comme une renaissance à eux même. Réconciliation, Amour, Reconnaissance, telle est la formule du soin quand il est réussi avec humour qui vient en plus, car quand le tour est joué, ils partent parfois oubliant de régler la séance, et reviennent confus, rougissants. Nait alors entre nous un grand éclat de rire. Et le bonheur est là, gagné, et je les aime de m'avoir tant donné.
Et puis le Don d'Amour me fait également penser à un autre Etre. Cet Homme qui m'a tant donné. Son Don est tel que s'est créé un lien indéfectible. Que nous soyons près l'un de l'autre ou à l'autre bout de la planète il reste le même car comme il l'écrivit un jour, "Mitakuye Oyasin". Je rayonne de son bonheur sans que pour autant le mien dépende du sien. Quelles que soient les dimensions que nous partagerons, je le reconnaitrai à sa première vibration. Catherine
Don
d'Amour Le Don d'Amour vient nous chercher Au plus profond de notre âme divine. Cet élan du coeur qui nous pousse à donner Sans compter et surtout qui ne se calcule pas. Le Don d'Amour est comme une montagne Si lointaine et si proche à la fois. Parfois, nous voudrions le toucher Mais il nous échappe.... Nous ne sommes pas prêt.... Il arrive sans que l'on s'y attende. Lorsque nous parvenons à l'atteindre, Il se produit en nous un changement Radical de comportement . Un bien-être nous envahit. Une légèreté s'empare de nous. C'est comme si nous avions des ailes..... Nous ne partons pas à la recherche du Don d'Amour " Il est là " Il suffit de se laisser faire... Le Don d'Amour ressemble à une vague Qui vient déferler le long du rocher, Elle arrive doucement et Frappe légèrement la roche. Se laisser gagner par le Don d'amour est Absolument divin plus rien n'existe.... Si je ferme les yeux je sens Une chaleur m'envahir et là , L'envie de donner est sublime. Chacun d'entre-nous pourrait se laisser submerger, Il gagnerait du terrain petit à petit pour pouvoir Irradier dans le coeur de chacun. Laissez-vous gagner par l'acte d'amour Vous recevrez beaucoup, Car non seulement l'envie d'aimer sera immense Mais vous serez doublement aimer. Alors, laissons le Don d'Amour venir à Nous tout doucement...
Clara
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